Les images tournent sur tous les réseaux sociaux depuis lundi soir. Des policiers qui renversent des migrants de leur tente, place de la République, faute d’avoir un lieu où dormir, des tentes et des couvertures confisquées par dizaines, des gaz lacrymogènes pour éparpiller les migrants et les manifestants venus en soutien ce soir-là. Car depuis l’évacuation mardi 17 novembre du campement de Saint-Denis, les associations demandaient à la préfecture l’ouverture de 1000 places d’hébergement et un réel système d’accueil des exilés. Au vu de l’urgence de la situation et sans réponse, une mobilisation pacifique s'est organisée place de la République.
Pendant près de 45 min, les gendarmes ont suivi les migrants se dirigeant vers le Nord de Paris pour trouver un autre endroit où dormir, en leur sommant de quitter la capitale à coup de gaz lacrymo. À 1h du matin, le groupe de 200 réfugiés est enfin arrivé à porte d’Aubervilliers avec les couvertures restantes pour espérer se reposer.
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Une entrave à la liberté de la presse
Le journaliste Rémy Buisine s’est lui aussi fait violemment attaquer à trois reprises par les policiers à coup de matraques, d'étranglement et de coups de pieds alors qu'il était au sol. « Ca a dérapé totalement, les policiers sont intervenus, explique-t-il au micro d'Europe 1. Ils ont arraché les tentes, qui ont été par ailleurs confisquées. Nous, en tant que journalistes, on a été entravés à de nombreuses reprises. On a reçu des coups. On a été bousculés. On n'a pas arrêté de dire que l'on était la presse mais ça ne changeait rien. Il y a même un policier qui, après que je me sois retrouvé au sol avec un pied sur ma jambe, me dit : 'Jamais deux sans trois ».
Des réfugiés deshumanisés et une police toujours plus violente
L’association d’aide aux migrants Utopie 56 a réagi à la violence de la police : « Les mots nous manquent pour décrire cette soirée. La police qui soulève des tentes pour en jeter les occupants au sol, niant toute humanité chez les personnes exilé.e.s. Les mots nous manquent pour décrire l’abomination des ordres donnés par la préfecture et leur application par les policiers via les charges, les matraquages, les jets de grenade, les tires de lbd. »
Si Gérald Darmanin a également réagi, condamnant fermement les actes et qualifiant de « choquantes » les images de l’évacuation, pour Utopie 56, ce n’est que « l’hypocrisie d’un homme face à ses contradictions. Une expulsion violente à Saint-Denis et une persécution permanente des personnes exilé.e.s. Une fois encore on attend vos actes. À demain. » La situation des réfugiés à Paris est horrible, la gestion de la situation inhumaine, et l’association attend de la part de Gérald Darmanin, Didier Lallement et la préfecture de région de « rendre des comptes ».
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La police poursuit les réfugiés et utilise des gaz lacrymogènes. #Republique pic.twitter.com/votVBBV0F2
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Les tentes des réfugiés sont saisies par les policiers. #Republique pic.twitter.com/EhrGZheapn
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Des policiers sortent directement des réfugiés en train de se reposer dans les tentes. #Republique pic.twitter.com/9lAELHi1fL
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Les réfugiés se retrouvent par petit groupe sans savoir où dormir après une chasse des policiers durant toute la soirée dans les rues de Paris. Terrible... pic.twitter.com/UleZT7ZcEr
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