Inadmissible. S’il fallait résumer les photos de l’état des parcs, jardins, quais et différentes places de France chaque soir après le passage des centaines de fêtards qui s’y agglutinent, ça serait sûrement ainsi. Après deux mois de confinement, deux mois durant lesquels on s’est extasié devant la nature, la faune, la clarté de l’eau des fleuves et rivières et la douceur de l’air, voici que l’être humain retrouve son pire visage. Chaque nuit et matinée, les spots publics pris d'assault pour l'apéro se retrouvent couverts de déchets, de packs de bières, de verre cassé, de sacs plastique, de canettes et de restes de frites du McDo. Une situation qui n’est absolument pas acceptable.
Car en plus de révéler un manque de civisme, d’éducation et savoir-vivre extrême, ce genre de comportement est aussi et surtout la triste preuve qu’une partie d’entre-nous ne changera jamais, qu’importe les évènements qui chamboulent notre quotidien et nous rappellent que notre passage sur Terre est aussi court que prépondérant pour les générations futures. Face à ces images choquantes, le sentiment qui prédomine est évidemment la honte. La honte d’être humain, la honte de devoir porter la responsabilité de ces actes évidemment malveillants mais aussi la honte de cohabiter avec des personnes que nous ne comprendrons jamais tant ils sont incompréhensibles et impardonnables.
Une ou deux questions demeurent cependant dans nos esprits. Pourquoi et comment ? Pourquoi l’être humain agit-il ainsi et comment peut-il avoir le manque de conscience nécessaire pour ne pas revenir sur ses pas et ramasser ne serait-ce que ses propres déchets avant de rentrer cuver dans ses draps ? Le je-m’en-foutisme extrême de certains est sans doute la principale réponse à ces questions. Mais les autorités ont aussi leur rôle à jouer dans cette guerre qui semble perdue depuis longtemps.
Quelles solutions au fléau de l’incivisme ?
Dans un premier temps, il s’agirait d’arrêter de considérer que l’Homme est un être digne de confiance. L’Histoire et les déceptions répétées ont malheureusement prouvé que la conscience humaine n’était pas développée de la même manière chez tout le monde. Beaucoup ne sourcillent pas le moins du monde au moment de dégrader ce qui les entoure et y laisser une trace répugnante pendant que d’autres passent leur vie à tenter de réparer les erreurs de la majorité et sauver la dignité de notre espèce. Oui, ça part très loin dans la philosophie mais, encore une fois, il faut que ça sorte.
Le retour à la normale Canal Saint Martin. Quelle émotion ! Les gens sont vraiment des porcs pic.twitter.com/yd9dMxX1PC
— Barthelemy Bolo (@B2Bolo) May 31, 2020
Ensuite, l’assistanat exacerbé de notre société est aussi une explication à ces comportements. Une explication absolument pas rationnelle mais une explication quand même. Car le véritable problème, c’est que 10 minutes après que ces photos aient été prises, certains des endroits sont redevenus impeccables. Merci aux services de nettoyage publics. Heureusement qu’ils sont là pour nous autoriser à vivre dans une ville saine et propre alors que la vérité est bien plus douloureuse. Mais si chacun d’entre-nous se retrouvait face à ses responsabilités en devant ramasser ses déchets qui ne le seront pas sans ça, la donne pourrait éventuellement changer. Dans ce genre de situation, un excès d’autorité de nos classes politiques serait de rigueur pour punir et sermenter les serial-pollueurs qui pullulent dans les rues.
© Photos lyonnaises : Reine Ramon