Il est environ 22h20 quand un chauffeur Uber reçoit une demande de prise en charge, apprend-on dans le Parisien. L’homme, qui conduit une Volkswagen, se rend au point de rendez-vous dans une petite rue d’Asnières où habite Rachid N., ami de longue date de Dahbia B. chez qui elle s’est réfugiée, lui aussi mis en examen pour recel de cadavre. Il lui a commandé la voiture, mais elle s’en va seule, direction le 119 rue Manin où vit sa soeur et où, quelques heures plus tôt, elle a violé, torturé et tué Lola, 12 ans.
À la prise en charge de Dahbia B., le chauffeur essaie d’aider à porter la malle en plastique noir dans le coffre, sans savoir que celle-ci contient le corps sans vie de Lola. Rachid N. le lui interdit et charge les affaires lui-même, en précisant au chauffeur de ne surtout pas en regarder le contenu. C’est à ce moment qu’il remarque une forte odeur d’eau de Javel et remarque des linges qui dépassent du couvercle.
Une attitude étrange mais pas stressée
La course commence et dure une vingtaine de minutes. Le chauffeur est intrigué, il trouve la suspecte « étrange mais plutôt relax, pas stressée », témoigne-t-il au Parisien. Celle-ci engage la conversation, lui demande des bonbons, s’intéresse à sa vie, à son métier, mais finit par vriller et lui répondre sèchement quand il lui renvoie la question. Une fois arrivé à destination, il est 22h50 et plusieurs voitures de police sont stationnées. Dahbia appelle une amie et, de sa conversation emportée, le chauffeur ne retient qu’une phrase : « Descends m’aider, put*in de ta race ».
La soeur de Dahbia, Friha, 26 ans, descends quelques minutes plus tard pour l’aider à transporter les bagages. C’est chez elle que s’est passé le meurtre dans l’après-midi, mais elle n’était pas présente et ne savait rien de la tragédie. Plus tard, elle affirmera aux policiers regretter de l’avoir hébergée et décrira sa soeur comme quelqu’un qui n’était plus réellement insérée depuis plusieurs années déjà. Le chauffeur redémarre et, quelques mètres plus tard, Dahbia B. lui court après et lui demande de la ramener à Asnières en lui proposant de le payer au black. Il refuse et redémarre.
C’est à ce moment que Friha aurait appris ce qu’il s’était passé, alors que sa soeur voulait cacher le corps dans son appartement. Ce serait suite à son refus que la malle aurait été abandonnée dans la cour intérieure de l’immeuble, avant que Dahbia B. quitte les lieux, direction un squat à Bois-Colombes. Le chauffeur, qui a transporté sans le savoir le corps d’une enfant de 12 ans, est au chômage forcé depuis, sa voiture ayant été réquisitionnée par les forces de l’ordre.
Aucun mot n’est à la hauteur de ce qu’a subi cette jeune fille et de ce que subissent ses parents.
— Hugo Clément (@hugoclement) October 17, 2022
Repose en paix #Lola. pic.twitter.com/lAwvbm50j0