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Le plus ancien phare de France et le dernier à être habité se trouve en Gironde

undefined undefined 27 février 2026 undefined 18h00

La Rédac'

Majestueusement dressé au large du Verdon-sur-Mer, le phare de Cordouan, construit en 1611, est le plus ancien phare en service du pays. Surnommé « le Versailles des mers », il attire chaque année entre 20 000 et 25 000 visiteurs entre avril et septembre. Pourtant, derrière cette carte postale patrimoniale, une inquiétude grandit : des mesures d’économies à l’étude pourraient fragiliser le gardiennage continu, qui fait de Cordouan une exception nationale.


Un monument unique, habité toute l’année

Classé à l’Unesco en juillet 2021, Cordouan est le dernier phare des côtes françaises encore occupé en permanence. Quatre gardiens s’y relaient toute l’année, deux par deux, pour des séjours d’une semaine ou d’une quinzaine. Leur relève s’effectue le vendredi, au rythme des marées, depuis Le Verdon-sur-Mer.

Leur mission dépasse largement l’accueil des touristes en haute saison. Le reste de l’année, ils assurent l’entretien courant du monument, réparent les dégâts causés par les intempéries, surveillent le site pour prévenir vandalisme et pillages et participent au suivi environnemental du plateau rocheux. Véritables sentinelles du patrimoine, ils garantissent une présence jour et nuit sur ce site isolé et exposé.

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La menace d’une réduction du gardiennage

Mais ce modèle pourrait évoluer. Face à la baisse des subventions publiques et aux tensions financières, des pistes d’économies sont étudiées. Parmi elles : la suppression du gardiennage sur une partie de l’année, notamment en hiver.

Selon Jean-Marie Calbet, président de l’Association des phares de Cordouan et Grave, une lettre aurait été adressée en novembre aux ministères concernés pour examiner cette option. L’État dément, à ce stade, toute décision actée. Le Smiddest, syndicat mixte gestionnaire du site, reconnaît néanmoins que « la pérennité du financement de ce chef-d’œuvre de l’Unesco constitue désormais un enjeu majeur ». En 2025, une aide exceptionnelle de 100 000 euros a été accordée par l’État. Mais le coût annuel du gardiennage, estimé à environ 200 000 euros, reste au cœur des discussions.


« On chipote pour deux gardiens en hiver »

Pour les défenseurs du site, la présence humaine est indispensable. « Le phare est facilement accessible par zodiac lorsque la météo est clémente », rappelle Jean-Marie Calbet, soulignant les risques d’intrusion en cas d’absence. Au regard des 10 millions d’euros investis ces dix dernières années dans la rénovation du monument, l’idée d’affaiblir la surveillance paraît paradoxale. « On a la chance d’avoir un monument que le monde entier nous envie et on chipote pour deux gardiens pendant l’hiver », déplore le président de l’association.

Un site en perpétuel chantier

Depuis plus de quatre siècles, Cordouan nécessite des travaux réguliers. Surélévation du fût central en 1789, réaménagements sous Napoléon III, restaurations majeures aux XXe et XXIe siècles : le phare a toujours été un chantier hors normes, mobilisant tailleurs de pierre, maçons et cordistes.


Aujourd’hui encore, les collectivités territoriales (Région Nouvelle-Aquitaine, départements de Gironde et de Charente-Maritime) accompagnent l’État dans la conservation et la valorisation du site.

Source

Phare de Cordouan
  • Le Verdon-sur-Mer
  • +33 5 57 42 28 76
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