La Recharge, la première épicerie sans emballage de France vient de fêter ses trois ans. Ce concept réactionnaire continue de séduire de plus en plus de gens. Visite de ce lieu insolite.
“Je suis emballée par cette épicerie de quartier. J’ai horreur du supermarché. Ici c’est chaleureux, convivial, on sent qu’on ne s’empoisonnera pas!” témoigne Marion, 23 ans, venue acheter des amandes en rentrant de son footing.
Les 80 mètres carrés de la boutique de la rue Sainte-Colombe sont remplis de bocaux en verre, de pots en alu, de cagettes en bois.. On y trouve des fruits, des légumes, des pâtes, du saucisson, des oeufs, du fromage, des yaourts, du chocolat, du café, du sucre, des bonbons, du thé, du vin, de la farine, de l’huile, des céréales, même du savon et des détergents... On trouve pratiquement tout ici sauf des emballages.
Les clients viennent « recharger » leur garde-manger à l’aide de boîtes en fer, de bouteilles, de sacs personnels ou consignés. Ils pèsent leur contenant, prennent la quantité d’aliments désirée qui est ensuite payée au poids.
Une idée venue d’un pari
“Avec mon pote Guillaume, on était effaré par la quantité de déchets jetés chaque jour. On s’est lancé le défi de consommer sans emballage. C’était impossible. On a donc developpé l’idée qu’on pouvait y arriver et au bout d’un an de travail la Recharge est née!” explique Jules derrière le comptoir, un tablier rayé, assorti au rideau de l’arrière-boutique, noué autour de la taille.
L’ambiance y est chaleureuse. Le béton est ciré. Les murs portent des ardoises sur lesquelles est expliqué comment se fabriquent le chocolat, le savon de Marseille, comment faire une sauce tomate pour accompagner les pâtes ou encore d’où viennent les céréales.
Des produits frais et des prix plutôt attractifs
“Elles sont tellement moins chères ces tomates cerises à 4,5 euros le kilo! Elles coûtent 9,5 euros au magasin bio”, s’exclame Catherine, 52 ans.”On oublie que 20% des aliments vont directement au cerveau. Les gens devraient faire plus attention à ce qu’ils consomment. Après ils s’étonnent d’aller mal. La dépression c’est le mal du siècle mais c’est lié à l’alimentation !”
Catherine vient ici tous les deux jours, acheter les produits frais, surtout des fruits et des légumes. “Ces poivrons ont été cueillis ce matin », lui rappelle Jules.
À la Recharge, tous les produits sont locaux et viennent de Bordeaux, de Gironde, ou au pire d’Aquitaine. Jules et Guillaume vont directement chercher les aliments chez les producteurs. Sans intermédiaire et sans emballage, les prix peuvent ainsi rester compétitifs. Les ardoises indiquent la provenance de chaque aliment ainsi que leur composition.
L’épicerie voit passer une centaine de clients par jour. Pari qui pour l’instant semble plutôt gagnant : un certain amour qui durerait plus que trois ans.
La Recharge, 38, rue Sainte-Colombe, ouverte du mardi au samedi de 10h30 à 19h30.