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Cette marque emblématique du Nord placée sous protection judiciaire

undefined undefined 6 février 2026 undefined 12h00

Valentine Ballot

La procédure a été ouverte à la demande même de l’entreprise. Objectif affiché : geler les dettes, gagner du temps et tenter de se relancer, dans un contexte devenu particulièrement tendu pour le prêt-à-porter.

Un acteur historique du Nord directement concerné

Le groupe en question n’est autre que IDKIDS, basé à Roubaix. Fondé dans les années 1990, il est aujourd’hui l’un des poids lourds européens du prêt-à-porter enfant et de l’univers de l’enfance.

Le redressement judiciaire concerne plusieurs entités majeures du groupe : Okaïdi, la marque phare pour les 3-14 ans, Obaïbi (0-3 ans), Oxybul (jeux et éveil), ainsi que IDLog, la plateforme logistique installée à Roubaix. En revanche, Jacadi, la marque premium du groupe, n’est pas concernée par la procédure, tout comme les filiales étrangères et les franchises.

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Redressement judiciaire : ça veut dire quoi concrètement ?

Contrairement à une liquidation, le redressement judiciaire ne signe pas la fin de l’entreprise. Il s’agit d’un cadre juridique qui permet de suspendre temporairement les dettes et de travailler à un plan de restructuration.

La direction parle d’un moyen de « redonner du temps et de la capacité financière » au groupe, alors que les résultats se sont nettement dégradés. En 2025, la marque Okaïdi aurait enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 11 %, dans un marché déjà fragilisé. Un point d’étape est d’ores et déjà prévu le 14 avril devant le tribunal de commerce de Lille, afin de faire le point sur la situation et les pistes de redressement.

Des milliers de salariés concernés, surtout dans les Hauts-de-France

Derrière cette décision, ce sont plus de 2 000 emplois en France qui sont directement concernés, dont une part importante dans les Hauts-de-France. À l’échelle régionale, près de 680 personnes travaillent pour le groupe, entre les magasins, le siège roubaisien et la plateforme logistique. Du côté des salariés, l’inquiétude est palpable, même si le redressement est aussi perçu comme un soulagement par certains syndicats, qui redoutaient un scénario plus brutal. Un CSE extraordinaire doit se tenir pour informer les équipes sur la suite.

Un symbole des difficultés du prêt-à-porter

Au-delà de ce groupe en particulier, cette annonce illustre surtout la crise profonde que traverse le secteur de l’habillement. Entre inflation, baisse du pouvoir d’achat, explosion de la seconde main et concurrence féroce de l’ultra fast-fashion, les enseignes de milieu de gamme sont prises en étau. Le groupe évoque lui-même un « effet sablier » : le haut de gamme résiste, le low-cost prospère, mais l’entre-deux souffre. Un phénomène déjà visible ces dernières années avec la disparition ou la fragilisation de nombreuses enseignes françaises.

Et maintenant ?

Pour IDKIDS, l’enjeu est clair : se réinventer sans casser l’existant. La direction assure vouloir poursuivre la transformation engagée, notamment autour du concept Okaïdi+ mêlant vêtements et jeux, tout en préservant l’ADN du groupe. Reste à savoir si cette parenthèse judiciaire suffira à remettre durablement le groupe sur pied. Réponse, en partie, au printemps.