À Lille et dans ses alentours, la gastronomie ne s’est pas construite uniquement dans les brasseries emblématiques. Elle s’est aussi forgée dans les campagnes, les bassins miniers, les ports, les cuisines modestes et les estaminets de village. Des recettes nées de la débrouille, du froid, du travail dur… et d’un vrai sens du goût. Petit flashback gourmand sur ces spécialités du Nord méconnues qui mériteraient clairement un come-back.
Le potjevleesch, dans sa version originelle
On croit le connaître, mais le vrai potjevleesch flamand est bien différent de celui servi aujourd’hui dans la plupart des brasseries. À l’origine, il mêle plusieurs viandes blanches (veau, lapin, poulet) cuites longuement puis prises en gelée naturelle, sans vinaigre ni raccourci. Un plat de conservation avant tout, profondément ancré dans les campagnes, que peu de Lillois ont déjà dégusté dans sa version la plus authentique.
Le pain d’chien, le dessert de la débrouille
Malgré son nom peu flatteur, le pain d’chien n’a rien à voir avec nos compagnons à quatre pattes. Ce dessert populaire était préparé avec du pain rassis, du lait, des œufs, du sucre et parfois un trait de rhum ou de chicorée. Une recette anti-gaspi avant l’heure, née dans les foyers modestes, aujourd’hui presque disparue, mais encore bien vivante dans les souvenirs de certaines grand-mères du Nord.

Crédit : Not Parisienne
Le hareng saur, version ouvrière
Le mythique poisson fumé, le hareng saur, était un pilier de l’alimentation ouvrière, notamment dans les bassins miniers. Mangé froid, accompagné de pommes de terre ou de pain noir, il incarnait une cuisine simple, nourrissante et accessible. Aujourd’hui, on le croise surtout lors de fêtes traditionnelles, comme la fête du Hareng Roi à Étaples, mais rarement dans les assiettes du quotidien.

Le rollot, l’autre fromage qui sent fort
Souvent éclipsé par le maroilles, le rollot est pourtant l’un des plus anciens fromages du Nord. Originaire de Picardie mais longtemps consommé jusqu’aux portes de Lille, ce petit fromage à pâte molle, lavé à la bière, était un incontournable des tables paysannes. Plus doux qu’il n’en a l’air, il reste aujourd’hui largement méconnu du grand public.

Crédit : Les nouveaux fromagers
Le craquelin de Saint-Amand, la brioche oubliée
On ne parle pas du craquelin lillois tel qu’on le connaît aujourd’hui. Celui de Saint-Amand-les-Eaux est une brioche ancienne, légèrement caramélisée, à la croûte croustillante et au cœur moelleux. Une spécialité locale à part entière, que peu de Lillois associent encore à leur patrimoine régional, malgré son histoire bien ancrée.

Crédit : le ch’ti marché
La soupe à la bière, le remède d’hiver
Autrefois servie le matin ou le soir pour se réchauffer, la soupe à la bière mêlait bière blonde, pain, oignons et parfois un jaune d’œuf. Rustique, surprenante, mais profondément flamande, elle faisait partie du quotidien dans de nombreuses familles. Aujourd’hui, elle a presque totalement disparu des tables, et des mémoires.

Crédit : le ch’ti marché
Le filetcot, la charcuterie des initiés
Aussi appelé filet d’Anvers, le filetcot est un saucisson sec de porc, très maigre et longuement affiné. Anciennement réservé aux grandes occasions, il se distingue par son goût fin et sa texture ferme. On le trouve encore chez quelques charcutiers traditionnels, mais il reste largement inconnu des nouvelles générations.

Crédit : Evlier
La tarte à la vergeoise noire
On connaît la vergeoise, mais beaucoup ignorent qu’elle était autrefois utilisée seule, dans des tartes sans fruits. À la cuisson, le sucre fond lentement pour former une garniture presque caramélisée. Un dessert humble, 100% nordiste, que l’on croise aujourd’hui surtout dans les cercles familiaux, quand il n’a pas complètement disparu.

Crédit : Chef Simon

