Le groupe lyonnais Ninkasi a officiellement sollicité la protection du tribunal des activités économiques. Fin décembre, son fondateur Christophe Fargier a demandé l’ouverture d’une procédure de sauvegarde pour quatre filiales clés : Ninkasi Entreprises, Ninkasi Ale House, Ninkasi immobilière de Tarare et Ninkasi Fabriques. Une démarche préventive, destinée à sécuriser l’activité et éviter toute cessation de paiements dans un contexte devenu particulièrement délicat.
Un contexte économique sous haute pression
La brasserie emblématique n’échappe pas aux turbulences qui frappent la restauration lyonnaise. Après les difficultés rencontrées par Aurélien Liveneau ou Benjamin Lavorel, c’est un poids lourd du secteur qui doit composer avec la hausse des coûts, la baisse de fréquentation et un climat économique incertain. Malgré un chiffre d’affaires solide de 23,5 millions d’euros en 2024 et 224 collaborateurs, l’équation financière s’est complexifiée.
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Cette procédure intervient 18 mois après l’inauguration de la nouvelle usine de Tarare. Un site flambant neuf, financé à hauteur de 32 millions d’euros, symbole de l’ambition industrielle de Ninkasi. Un investissement structurant, mais lourd, qui pèse aujourd’hui dans un environnement où les marges se sont nettement réduites pour les acteurs du secteur.
Une entreprise à mission qui veut tenir le cap
Devenue entreprise à mission à l’été dernier, Ninkasi entend rester fidèle à son ADN. La procédure de sauvegarde doit offrir un cadre sécurisé pour réorganiser, ajuster et poursuivre l’activité sans casse sociale ni arrêt brutal des projets en cours. Un signal clair envoyé aux partenaires, fournisseurs et salariés : le groupe anticipe plutôt qu’il ne subit.
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Malgré la tempête, Christophe Fargier ne renonce pas à ses ambitions de croissance. Interrogé l’été dernier, il affichait encore un objectif de trois à quatre ouvertures par an. Des projets sont déjà bien avancés dans l’Ouest, avec une ouverture récente à La Roche-sur-Yon, puis Rennes prévue début 2026 et Angers dans les tuyaux. Reste à voir comment cette phase de sauvegarde redessinera le tempo du développement, sans éteindre l’esprit rock et brassicole qui a fait le succès de Ninkasi.
Source : Lyon Décideurs
