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Hantavirus : des rats sauvages infectés par le virus au parc de la Tête d'Or à Lyon en 2024

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Antoine Lebrun

L’information risque de faire lever quelques sourcils chez les habitués des balades au parc de la Tête d’Or. Santé publique France vient de confirmer qu’un premier cas d’infection à hantavirus avait été diagnostiqué dans le Rhône en 2024. Le patient aurait contracté le virus Seoul, une souche d’hantavirus principalement transmise par les rongeurs. Selon les données du Centre national de référence des hantavirus de l’Institut Pasteur, la souche retrouvée chez cet habitant du Rhône serait très proche de celles détectées chez des rats sauvages capturés dans le parc lyonnais entre 2020 et 2022. À l’époque déjà, les chercheurs alertaient sur “la circulation continue” du virus dans ce vaste espace urbain particulièrement fréquenté par les Lyonnais.

Le parc de la Tête d’Or sous surveillance

Attention toutefois : pas question de transformer le parc de la Tête d’Or en décor de film catastrophe version rongeurs mutants. Les scientifiques rappellent que les contaminations restent rares et surviennent principalement via l’inhalation de poussières contaminées par l’urine, la salive ou les excréments de rats infectés.

Les chercheurs recommandent malgré tout une surveillance renforcée à l’échelle de la ville afin de mieux anticiper les risques sanitaires liés au virus Seoul. Le sujet revient d’autant plus sur le devant de la scène que l’OMS a annoncé ce mercredi 13 mai avoir recensé 11 cas d’hantavirus dans le monde, dont neuf confirmés. En France, une femme contaminée serait actuellement prise en charge dans un état grave selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

Des contaminations encore limitées en France

Malgré les inquiétudes, les autorités sanitaires se veulent rassurantes : la France reste très loin d’une explosion des cas. En 2024, 75 infections ont été recensées dans l’Hexagone contre une moyenne annuelle de 108 cas entre 2012 et 2023. Depuis 2005, un peu plus de 2000 cas ont été diagnostiqués en France métropolitaine. Les hommes représentent d’ailleurs une large majorité des contaminations avec 84 % des cas recensés l’an dernier.

Le printemps reste la période la plus propice à la circulation du virus, notamment parce que les jeunes rongeurs deviennent eux-mêmes porteurs et diffusent davantage l’infection dans l’environnement. Bref, pas besoin d’annuler votre jogging autour du lac du parc de la Tête d’Or. Mais entre les pigeons, les écureuils et désormais les rats surveillés par les chercheurs, Lyon confirme une chose : la nature en ville réserve parfois quelques surprises.


Source : Lyon Mag