C’est plus qu'honteux de constater qu’en 2019, il y a toujours des dizaines voire des centaines de messages haineux à l'égard des LGBT publiés chaque jour sur Internet, et ce de manière anonyme. Entre injures, amalgames douteux et menaces, il y a de quoi être outré. Il serait peut-être temps de tirer la sonnette d’alarme, et c’est ce que Mousse et Stop Homophobie, deux associations, ont décidé de faire.
Après huit mois de recherches sur Internet et grâce au réseau "avocats gay-friendly", deux associations lancent aujourd’hui une action en justice de grande ampleur pour poursuivre ces personnes faisant preuve d’homophobie extrême.
On peut notamment lire des atrocités telles que : « Il est temps de dire que les homos n’ont pas leur place dans ce monde », « Je prie pour rencontrer une LGBT en face de moi et lui casser la gueule [sic] », « Si je pouvais, je ferai subir le même sort au pd [sic] de France que les tchétchènes ».
Ces deux associations vont déposer aujourd’hui, plus de 200 plaintes contre X pour injure publique, diffamation publique et provocation publique à la haine et à la violence, en lien avec l’orientation sexuelle et l’homophobie en ligne.
Il est temps d’agir contre l’immunité de ces personnes qui se pensent intouchables et se permettent de tenir des propos haineux voire criminels à l’égard des LGBT sur les réseaux sociaux. L’anonymat ne fait pas tout, et la justice n’est que partie remise. L’objectif de ces deux associations est de condamner les auteurs de ces propos, sachant que les déclarations LGBTphobes sont des délits punis par la loi à hauteur de fortes amendes, si ce n’est même de la prison.
Leur impunité pénale semble toucher à sa fin, et malgré un certain anonymat, ces internautes malveillants laissent des traces permettant de les identifier facilement. Mais malgré l'obligation de supprimer un contenu condamnable sur Twitter ou Facebook, rares sont les poursuites en justice. Les diatribes LGBTphobes seraient en effet en pleine « recrudescence » ces derniers mois selon les associations et « Internet est le premier théâtre d’expression de la haine LGBTphobe », confirme le président de SOS Homophobie, Joël Deumier. « Or l’impunité nourrit et légitime l’homophobie. »
La plateforme gouvernementale Pharos n’a, à ce jour, toujours pas les moyens d’action nécessaires pour faire face à l’ampleur du problème. Et seuls 9% des 150 000 signalements qui sont faits chaque année sont liés à des discriminations, regrette Joël Deumier.
Annoncé pour 2019, un projet de loi visant à renforcer la lutte contre la haine et les menaces en ligne envisage de condamner plus sévèrement les déclarations homophobes sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.
On espère que la justice sera enfin rendue, et que 2019 sera une année de réelle remise en question pour ces auteurs de diffamations sordides.