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À la Croix-Rousse depuis 15 ans, ce théâtre associatif iconique de Lyon menacé d'expulsion

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Antoine Lebrun

À Lyon, les lieux indépendants tiennent parfois avec trois projecteurs, beaucoup de passion et une bonne dose de système D. Mais pour La Boîte à Gants, l’histoire pourrait brutalement s’arrêter. Le théâtre associatif niché rue Pierre-Blanc, dans les Pentes de la Croix-Rousse, fait aujourd’hui face à un référé d’expulsion lancé par son propriétaire. En cause : le refus de l’association de signer un bail commercial jugé « infondé » par ses membres et leur avocate.

Depuis l’annonce de la procédure, la mobilisation s’organise autour de cette salle atypique qui accueille depuis plus de dix ans concerts, spectacles et événements associatifs dans l’un des quartiers les plus artistiques de Lyon. Pétition, cagnotte en ligne, soirées de soutien prévues les 8, 9, 15 et 16 juin… les défenseurs du lieu espèrent convaincre la justice que La Boîte à Gants est bien plus qu’une simple salle : un véritable morceau de vie du quartier.

Un lieu bricolé avec passion devenu symbole des Pentes

L’histoire de La Boîte à Gants ressemble presque à un scénario de film indépendant tourné entre deux traboules. En 2011, Jésus Ankatche et sa troupe découvrent l’ancien Théâtre de l’Oseraie laissé à l’abandon. Impossible alors de retrouver le propriétaire. La troupe décide malgré tout de nettoyer, rénover et remettre sur pied cette salle oubliée. Quelques semaines plus tard, le propriétaire finit par réapparaître et accepte leur présence via un accord flou mêlant bail gratuit et loyers versés en liquide.

Pendant des années, l’association tente d’obtenir un cadre locatif clair, sans succès. Aujourd’hui, le propriétaire réclame un bail commercial avec un loyer de 1 650 euros mensuels, charges comprises, ainsi que le remboursement des années précédentes. Une proposition que l’association considère comme un piège juridique.

La Croix-Rousse veut préserver son ADN culturel

Ces dernières années, plusieurs établissements emblématiques du quartier ont disparu ou traversé de graves difficultés, à l’image des Valseuses ou de L’Ambuscade. La maire du 1er arrondissement, Yasmine Bouagga, a apporté son soutien moral au théâtre, estimant que La Boîte à Gants représente parfaitement « l’esprit des Pentes ». Une manière de rappeler que ces petits lieux font aussi battre le cœur culturel de Lyon, loin des grosses machines institutionnelles.

L’audience est prévue le 22 juin au tribunal judiciaire. D’ici là, les habitants du quartier comptent bien montrer qu’on ne laisse pas mourir une scène culturelle aussi facilement.


Source : Tribune de Lyon