Du boulevard du Nord à l’une des avenues les plus chics de Lyon
Avant de devenir l’une des artères les plus prestigieuses de Lyon, il s’appelait tout simplement le boulevard du Nord. Au XIXe siècle, la ville se transforme et s’étend vers les Brotteaux. Avec l’aménagement du parc de la Tête d’Or à partir de 1856, les terrains voisins deviennent particulièrement convoités par la bourgeoisie lyonnaise. Une large avenue est alors tracée pour longer le parc et accompagner le développement du quartier.
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Le décor est pensé pour afficher un certain standing. Les constructions doivent respecter des règles architecturales destinées à préserver les perspectives et l’élégance de l’ensemble. Peu à peu, de grands hôtels particuliers apparaissent, mêlant styles classique, néo-gothique et Art nouveau. Derrière leurs grilles et leurs façades ouvragées, les familles fortunées de Lyon affichent leur réussite. Aujourd’hui encore, le boulevard reste un témoin remarquable de cette époque.
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En septembre 1914, Lyon rend hommage à la Belgique
C’est la Première Guerre mondiale qui donne à l’avenue son nom actuel. Le 4 août 1914, l’armée allemande envahit la Belgique, pourtant neutre, afin de contourner les défenses françaises. Les forces belges opposent une résistance inattendue, notamment autour de Liège, Namur et Anvers, ralentissant l’avancée ennemie et permettant aux armées alliées de s’organiser.

À Lyon, cette résistance suscite une vague de solidarité. Le maire Édouard Herriot souhaite inscrire le soutien de la ville dans l’espace public. Le 14 septembre 1914, le conseil municipal vote à l’unanimité le changement de nom du boulevard du Nord, qui devient officiellement le boulevard des Belges. Un hommage fort, décidé seulement quelques semaines après le début du conflit.
Des rues lyonnaises marquées par cette histoire
Le boulevard n’est pas le seul à conserver la mémoire de cet épisode. La rue d’Anvers, dans le 7e arrondissement, et la rue d’Ypres, dans le 4e, rappellent elles aussi le rôle de la Belgique pendant la Grande Guerre. Ces noms témoignent d’une époque où les rues servaient également à exprimer la reconnaissance envers les peuples alliés.
Plus d’un siècle après, le boulevard des Belges cultive toujours son prestige. Certaines demeures ont disparu au profit d’immeubles plus récents, mais la promenade reste emblématique du 6e arrondissement, entre patrimoine architectural et verdure. Et pour les amateurs de jeux de société, un dernier détail fait sourire : dans la version lyonnaise du Monopoly, le boulevard des Belges figure parmi les propriétés les plus chères du plateau. Une adresse qui valait déjà de l’or… bien avant les loyers d’aujourd’hui !
