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Mythes et préjugés : huit heures de sommeil par nuit, c\'est du bidon

Publié le 28 janvier 2016 à 00h00

Modifié le 21 septembre 2018 à 08h40

par La Rédac'

"Une bonne nuit de sommeil pour un adulte, c'est huit heures d'affilée". On connait tous cette théorie, tellement populaire qu'on ne sait même plus quand est-ce qu'on l'a lue ou entendue pour la dernière fois. Logique, puisque tous les sites, émissions et magazines de santé comme toutes les mamans du monde semblent s'être mis d'accord depuis des lustres pour la relayer en continu. Mais est-elle justifiée ? Et si une VRAIE bonne nuit de sommeil réparateur ne se déroulait pas du tout comme nous le pensons tous ? Enquête et révélations.

 

Contre toute attente, de plus en plus de preuves semblent faire surface à l'heure actuelle pour démontrer l'invalidité de cette thèse. Et si l'on examine un peu plus précisément l'histoire de l'étude du sommeil (alias la somnologie, qui se base sur des examens tels que la polysomnographie), en réalité, l'on se rend compte que cette théorie du cycle de huit heures de suite semblant faire consensus depuis des temps immémoriaux possède toutes les caractéristiques du mythe bien bidon. Ou à tout le moins celles de la construction sociale totalement artificielle. C'est en tout cas la conclusion à laquelle parviennent de plus en plus de scientifiques se penchant en ce moment sur la question.

 

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Un article fort instructif en anglais sur le site de la BBC (que nous ne pouvons que vous conseiller pour le sérieux et l'exhaustivité de ses analyses) tente ainsi de retracer l'histoire de ce mythe, et fait remonter à 1900 les premiers signes de scepticisme quant à ce fameux cycle de huit heures. Cette année-là, une étude conduite par le psychiatre Thomas Wehr a pour la première fois à l'époque moderne tendu à démontrer que le biorythme de l'être humain est tout sauf constitué de phases prolongées classiques "veille/sommeil" correspondant au cycle jour/nuit, mais plutôt de phases courtes et alternées. L'étude de Wehr consistait donc à plonger un groupe de volontaires dans une obscurité artificielle 14 heures par jour pendant un mois, afin que ceux-ci perdent la notion de jour et de nuit et dorment exactement comme ils l'entendent, de manière à trouver un rythme de sommeil totalement personnel. On vous le donne en mille : à la fin du mois, l'intégralité des participants à l'expérience du psychiatre avait naturellement régulé son sommeil selon le même schéma, d'une façon a priori contre-intuitive : tous dormaient par cycles de quatre heures, avant de se réveiller une heure ou deux, pour ensuite se rendormir quatre heures. Ils dormaient donc bien huit heures, mais nul ne dormait huit heures d'affilée. Et aucun des volontaires ne présentait les dysfonctionnements et troubles classiques associés à un sommeil de mauvaise qualité ou perturbé.

 

Il faudra attendre 2001 pour que la théorie persistante qu'un bon sommeil corresponde à huit heures d'endormissement en continu, qui aura poursuivi son chemin dans l'inconscient collectif tout le long du XXème siècle, trouve à nouveau publiquement un détracteur, en la personne de l'historien Roger Ekirch, professeur à Virginia Tech. Celui-ci publie alors une étude qui fait depuis autorité, s'appuyant sur 16 ans de recherches. Et sa conclusion est sans appel : le biorythme naturel de l'être humain est de dormir en deux phases distinctes, et sûrement pas en cycles prolongés de 6, 8 ou 10 heures d'affilée. Un rythme naturel que nous aurions quasiment tous perdu en nous calquant sur le cycle jour/nuit classique, mais qui revient au galop dès que les conditions pour un bon sommeil discontinu (!) sont réunies.

 

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Plus incroyable encore, et surtout plus révélateur : grâce à Ekirch, l'on (ré)apprend que pendant des siècles, l'idée d'une bonne nuit était celle d'une nuit bel et bien découpée en deux phases distinctes. En effet, 4 ans après son étude, Roger Ekirch publie un livre résumant ses 16 ans de travail sur le sujet, rendant ainsi accessible au public sa théorie des "deux segments de sommeil distincts". Intitulé At Day's Close : Night in Times Past (grosso modo traduisible par "A la tombée du jour : la Nuit au temps passé"), son ouvrage devient un best-seller de la littérature scientifique. Un sort bien mérité pour l'oeuvre d'Ekirch, qui s'appuie sur pas moins de 500 références tirées de toutes sortes de documents (littérature médicale, récits, journaux intimes, comptes-rendus, notes, courriers, rapports etc.) provenant d'un peu partout dans le monde - jusqu'au Nigéria -, le tout axé sur un seul sujet : le rapport entre l'Homme et la Nuit. Le livre de l'historien est une somme, et les références qu'il a réussi à exhumer au terme d'un travail de recherche titanesque tendent tous à prouver cette théorie, qui au final s'avère vieille comme le monde... mais qu'on avait perdue de vue : oui, l'être humain est fait pour dormir en deux phases, avec une phase plus ou moins longue d'éveil au milieu.

 

L'ouvrage de Roger Ekirch fourmille de détails insolites, comme par exemple ceux qu'on apprend en lisant des documents du XVIème ou du XVIIème siècle, conseillant d'optimiser le temps de veille entre les deux cycles de sommeil ou donnant des suggestions d'activités pour la phase d'éveil nocturne - une phase d'éveil qui s'avérait bien connue des médecins comme du grand public de l'époque. L'interruption momentanée du sommeil entre deux cycles de quatre heures se révèle alors l'occasion de nombre d'activités : lire, fumer, discuter en famille, prier ou encore se consacrer au devoir conjugal. Par ailleurs, nul besoin d'aller chercher jusqu'au Nigéria pré-cité pour trouver une conception du sommeil segmenté en deux parties ; rien qu'une lecture attentive de Dickens ou de Cervantès permet en soi de lever le lièvre : il y est bel et bien question de première, puis de seconde nuit !

 

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Il en ressort que ce n'est que vers la fin du XVIIème siècle que ce cycle naturel a commencé à disparaître de notre mode de vie, et que l'Occident s'est mis à vouloir à tout prix dormir d'une seule traite. Vers les années 20, l'idée d'un sommeil en deux parties avait ainsi complètement déserté nos mentalités, suite à de multiples facteurs tels qu'entre autres l'irruption massive des lumières artificielles dans les foyers, celles-ci tendant paradoxalement à nous rendre plus actifs la nuit, donc plus en demande d'un sommeil récupérateur sans interruption. Un sommeil lourd, donc un sommeil long par défaut.

 

In fine : désormais, ne paniquez plus si vous vous réveillez en pleine nuit ! Vous ne souffrez pas forcément d'insomnies ou de troubles du sommeil ; vous êtes peut-être simplement en train de retrouver votre véritable rythme naturel, le rythme d'un sommeil discontinu que vous n'auriez jamais dû perdre.

 

Pour en savoir plus sur le sujet : l'article fouillé (en anglais) au sujet des recherches des historiens Roger Ekirch et Craig Koslofsky, appuyées par les témoignages du psychologue du sommeil Gregg Jacobs et du neuroscientifique Russell Foster.

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