Pourquoi la rue du Bœuf porte-t-elle ce nom ?
Avec ses pavés anciens et ses façades chargées d’histoire, la rue du Bœuf est l’une des artères les plus pittoresques du Vieux-Lyon. Pourtant, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, elle ne doit pas son appellation à un ancien marché aux bestiaux ni à des abattoirs. Pour en comprendre l’origine, il faut remonter au XVIe siècle et s’intéresser à un certain Louis Thorel.
À cette époque, Lyon est frappée par de terribles épidémies de peste. Médecin réputé, Louis Thorel se distingue par son dévouement auprès des malades, au péril de sa propre vie. Ses services rendus à la cité lui valent d’être anobli à la fin du siècle. Comme le veut alors la tradition, il doit se choisir des armoiries pour représenter sa nouvelle noblesse.
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Et c’est là que l’histoire prend une tournure inattendue. Pour illustrer son nom de famille, Thorel fait sculpter un taureau dans la pierre, à l’angle de sa demeure. Le patronyme est en effet associé au mot « taureau », issu du latin taurus. Un clin d’œil héraldique qui ne passe pas inaperçu auprès des habitants du quartier.
Du taureau au bœuf, il n’y a qu’un pas !
La petite sculpture, installée au numéro 22, devient rapidement un repère pour les Lyonnais. Mais là où le propriétaire voit un taureau, les habitants, eux, reconnaissent plutôt un bœuf. C’est cette interprétation populaire qui aurait fini par donner son nom à toute la rue. Comme quoi, à Lyon, le sens de l’humour peut aussi laisser une trace dans la pierre !

© Alla Tsyganova / Shutterstock.com
Avant de prendre son appellation actuelle, la voie portait le nom de rue Tramassac. Avec la popularité de la sculpture, le surnom de rue du Bœuf s’impose progressivement dans l’usage, jusqu’à devenir officiel. L’ancien nom n’a toutefois pas disparu : il désigne encore une rue voisine, à quelques pas de là.
La Tour Rose et les traboules : les autres trésors de la rue
Mais la rue du Bœuf ne se résume pas à son drôle de nom. Elle constitue l’un des plus beaux témoignages de l’architecture Renaissance du Vieux-Lyon, quartier inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses façades des XVe, XVIe et XVIIe siècles racontent l’époque où les marchands et les grandes familles lyonnaises faisaient prospérer la ville.

Au numéro 16, impossible de manquer la célèbre Tour Rose, reconnaissable à ses tons ocre et rosés. Nichée au fond d’une cour, cette tour d’escalier Renaissance, aux ouvertures élégantes, est l’un des monuments les plus photographiés du quartier. Autre curiosité à explorer : la traboule du numéro 27, qui permet de rejoindre la rue Saint-Jean en traversant les immeubles. Ces passages intérieurs, typiques de Lyon, dévoilent des cours, des galeries et des détails architecturaux que l’on ne soupçonnerait pas depuis la rue.
Fenêtres à meneaux, portes cochères sculptées, écussons et cours intérieures complètent le décor. Aujourd’hui, restaurants, boutiques et artisans font vivre cette artère historique, où le patrimoine côtoie les plaisirs gourmands. La prochaine fois que vous vous promènerez dans le Vieux-Lyon, prenez donc le temps de chercher le fameux bovidé au numéro 22. Derrière cette petite statue se cache une histoire bien lyonnaise : celle d’un médecin héroïque, d’un taureau devenu bœuf et d’un surnom populaire passé à la postérité.
