Si le viol reste un tabou et fait encore des ravages malgré l’évolution progressive des mentalités associée au travail quotidien de groupes d’aide et de sensibilisation, certains ont entrepris d’enrayer le mal à la source, à l’aide d’outils concrets. Après l’invention du vernis à ongles anti-viol, voilà la paille anti-viol, tout droit sortie de l’esprit habile de trois lycéennes américaines.
Ce n’est un secret pour personne, sortir lorsqu’on est une petite nana comporte beaucoup de risques. Trop d’hommes des cavernes errent dans la nature et s’agglutinent en boîte de nuit à l’affût de la première jupette qui passe. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de leur imposer une quelconque éducation, un quelconque bon sens, un respect de l’autre et un contrôle de leurs pulsions, rien n’y fait, c’est en moyenne 84 000 femmes qui se font encore agresser sexuellement chaque année.
Certaines boites apposent un couvercle aux verres servis pour éviter tout contamination, mais elles ne sont pas assez nombreuses et le geste manque d’efficacité. Ainsi, Susana Cappello, Carolina Baigorri et Victoria Roca, trois lycéennes de Miami, ont fait preuve de bon sens en se lançant dans la conception d’une paille capable de changer de couleur lorsque mise au contact de drogues. Il était bien temps de se pencher vraiment sur le sujet…
La "smart Straw", en français "paille intelligente", détecte ainsi la présence de Rohypnol, de GHB et de Kétamine dans les verres, les drogues les plus utilisées à des fins malignes. Un indicateur de plus qui permettrait de rendre une certaine sensation de contrôle aux utilisateurs, même si cela ne peut bien évidemment pas neutraliser la personne malveillante.
Selon les propres mots de Carolina Baigorri, l’une des créatrices : « Cela ne mettra pas fin aux viols, mais nous espérons réussir à diminuer le nombre de situations dangereuses dans lesquelles vous pouvez vous retrouver à cause de ces drogues. »
Dans tous les cas, cette petite paille est une bonne nouvelle et, plus particulièrement, le symptôme que le problème de la "culture du viol" est enfin pris au sérieux. Les trois jeunes filles sont actuellement en passe de faire breveter leur invention et devraient potentiellement engager une levée de fonds afin de la produire et de la commercialiser.