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50% sans clim : le pari surprenant du nouveau CHU de Nantes

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La Rédac'

Une approche innovante qui repose sur un subtil mélange de technologie et de conception intelligente.

Un équilibre entre climatisation et rafraîchissement

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le futur hôpital ne sera pas “sans clim”. Sur les 230 000 m² que comptera le site, près de 110 000 m², soit environ 50 % de la surface, seront bien climatisés. Cela représente plus de 6 500 locaux où la température sera maintenue entre 19 et 26°C en été. Ces espaces concernent les zones les plus sensibles : blocs opératoires, laboratoires, services de réanimation, soins intensifs, urgences ou encore imagerie médicale. Des lieux où la maîtrise de la température est essentielle pour des raisons médicales et techniques. Mais le choix fort du projet réside ailleurs : plutôt que de climatiser systématiquement toutes les pièces, une grande partie des espaces, notamment les chambres d’hospitalisation, seront simplement “rafraîchis”.

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Le rafraîchissement, une alternative plus durable

Environ 80 000 m², soit 35 % de la surface, bénéficieront d’un système de rafraîchissement de l’air. Concrètement, l’air injecté dans les pièces est préalablement refroidi autour de 23°C, ce qui permet de faire baisser la température ambiante sans passer par une climatisation classique. Résultat : au total, 86 % du bâtiment sera soit climatisé, soit rafraîchi. Seuls certains espaces techniques, circulations ou escaliers ne seront pas équipés, car cela n’est tout simplement pas nécessaire. Ce choix permet de réduire la consommation énergétique du site, tout en assurant un confort thermique suffisant, même en période de fortes chaleurs.

Une conception bioclimatique pensée dans les moindres détails

La vraie force du futur CHU de Nantes, c’est sa conception dite “bioclimatique”. Ici, pas de solution miracle unique, mais une superposition de dispositifs intelligents, comme un millefeuille de technologies passives et actives. L’orientation des bâtiments, par exemple, a été soigneusement étudiée. Les espaces techniques et sensibles, qui nécessitent de la climatisation, sont majoritairement situés au nord. À l’inverse, les chambres des patients sont orientées au sud pour profiter de la lumière naturelle et de la chaleur en hiver. Pour éviter la surchauffe en été, plusieurs solutions sont intégrées directement aux façades : triple vitrage, stores intégrés, systèmes de ventilation naturelle, protections solaires… Tout est pensé pour limiter l’entrée de chaleur.

Des innovations pour anticiper le climat de demain

Le projet va encore plus loin avec l’installation de toitures végétalisées, capables de réduire la température des bâtiments tout en retenant l’eau de pluie. D’autres dispositifs, comme les brise-soleil ou les systèmes de rafraîchissement d’air, viennent compléter cet arsenal. Surtout, le CHU a été conçu en anticipant les conditions climatiques des prochaines décennies. Grâce à des simulations thermiques avancées, les équipes ont pu adapter les choix architecturaux pour garantir un confort durable, même face à des épisodes de canicule plus fréquents et plus intenses.