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Nantes veut ouvrir sa première « salle de shoot »

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La Rédac'

Le vendredi 9 octobre 2026, le conseil municipal a adopté à l'unanimité un vœu en faveur de ce dispositif, déjà expérimenté à Paris et Strasbourg. L'objectif ? Mieux accompagner les personnes dépendantes aux drogues, limiter les risques sanitaires et réduire la consommation dans l'espace public.

Une première « salle de shoot » bientôt à Nantes ?

Nantes pourrait rejoindre les villes françaises qui expérimentent les haltes soins addictions. Le vendredi 9 octobre, les élus du conseil municipal se sont prononcés à l'unanimité en faveur de l'ouverture d'un tel lieu dans la cité des Ducs. Cette décision intervient après la signature d'une lettre ouverte au gouvernement par la maire de Nantes, Johanna Rolland, et onze autres maires de grandes villes françaises. Leur demande : permettre la poursuite et le développement de ces structures, qui n'existent actuellement qu'à Paris et Strasbourg dans le cadre d'une expérimentation nationale. Attention toutefois : aucune ouverture n'est encore actée à Nantes. Le vote du conseil municipal exprime une volonté politique, mais ne constitue pas une autorisation d'ouverture. Aucun lieu ni calendrier précis n'a été annoncé.

Concrètement, à quoi sert une « salle de shoot » ?

Derrière cette expression familière se cache un dispositif de santé publique bien particulier. Les haltes soins addictions sont des espaces encadrés dans lesquels des personnes majeures consommant des drogues peuvent utiliser les substances qu'elles possèdent, sous la supervision de professionnels de santé. Contrairement à certaines idées reçues, ces établissements ne distribuent pas de drogue, ils mettent en revanche à disposition du matériel stérile afin de réduire les risques d'infections, notamment la transmission du VIH ou des hépatites. La présence de professionnels permet également d'intervenir rapidement en cas de surdose et d'orienter les usagers vers des soins ou un accompagnement social. L'idée n'est donc pas d'encourager la consommation, mais de limiter les conséquences sanitaires des addictions et de créer un premier contact avec des personnes parfois très éloignées du système de soins.

Réduire la consommation de drogue dans les rues de Nantes

Au-delà de l'accompagnement médical, la municipalité souhaite également répondre à un problème visible dans certains espaces publics : la consommation de drogues dans la rue. En proposant un lieu dédié et supervisé, les défenseurs du dispositif espèrent réduire les injections dans l'espace public, ainsi que les seringues abandonnées et les risques associés. C'est aussi une manière d'aborder les addictions comme une question de santé publique, sans se limiter à une réponse policière. Le sujet reste néanmoins débattu. Les interrogations portent notamment sur le choix de l'emplacement, les conséquences pour les riverains et les moyens nécessaires pour assurer le bon fonctionnement d'une telle structure.

Reste désormais à savoir si le gouvernement donnera suite à la demande des élus et permettra à Nantes de passer de l'intention à la réalité.