Chaque année, le baromètre Arthur Loyd passe au crible les métropoles françaises les plus attractives et résilientes. Mais cette fois, l’analyse va plus loin : la fintech SumUp a croisé ces données avec une enquête menée auprès de 500 dirigeants et propriétaires de TPE-PME en France. Objectif : comprendre où l’on aime réellement travailler, du point de vue de ceux qui créent de l’emploi.
Une France du travail plus optimiste qu’on ne le pense
Premier enseignement : le climat n’est pas aussi morose qu’on pourrait l’imaginer. Près de 6 entreprises sur 10 déclarent ne rencontrer aucune difficulté pour recruter ou fidéliser leurs équipes. À l’échelle nationale, seules 11% évoquent une pénurie aiguë de talents. Un chiffre bien inférieur à ce que laissent parfois penser les discours sur la “crise du recrutement”. Dans les Pays de la Loire, la tendance est encore plus marquée : 60% des commerces affirment recruter sans difficulté. Mieux encore, seuls 7% parlent d’une réelle pénurie de talents. De quoi rassurer sur la vitalité du tissu économique local.
Nantes reste bien placée… mais perd du terrain
Nantes figure toujours parmi les villes où il fait bon travailler, mais elle recule légèrement au classement. En 2026, elle arrive en 6ᵉ position avec un indice de 0,416. La métropole conserve toutefois de solides atouts : un écosystème numérique dynamique, un secteur e-commerce en plein essor et une image de ville innovante. La cité des Ducs se distingue aussi par sa relation à la technologie : 43% des salariés envisagent d’utiliser l’intelligence artificielle au travail, tandis que 57% des dirigeants se montrent confiants dans son intégration. Nantes confirme ainsi son positionnement de ville tournée vers l’avenir. Autre signal positif : 7% des entreprises locales investissent déjà dans la formation pour développer de nouvelles compétences. Un chiffre légèrement en dessous de la moyenne nationale, mais qui montre une prise de conscience progressive.
Ce qui fait vraiment rester les salariés
L’étude révèle aussi ce qui fidélise réellement les employés. Surprise (ou pas) : la formation arrive en dernière position. Les salariés privilégient avant tout :
*des conditions de travail flexibles (25%)
*des hausses de salaire ou des primes (22%)
*des avantages type tickets resto, chèques-vacances et bien-être (16%)
Autrement dit, l’équilibre vie pro/vie perso devient central. La qualité de vie hors bureau compte parfois plus que les perspectives de carrière. Plus étonnant encore, 31% des entreprises françaises n’ont mis en place aucune stratégie de fidélisation. Un chiffre qui grimpe à 42% dans la finance et les professions libérales, où le salaire reste le principal levier de motivation.
Travailler mieux, pas seulement plus
Au final, ce classement montre une évolution de fond. L’attractivité d’une ville ne se mesure plus uniquement à son nombre d’emplois ou à ses mètres carrés de bureaux. Elle se joue aussi sur la qualité de vie au travail, la flexibilité, l’innovation et la capacité des entreprises à s’adapter aux attentes des salariés.
