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Désobéissance, la perruque de la discorde

Publié le 26 juin 2018 à 09h56

Modifié le 28 juin 2018 à 12h28

par Louis Haeffner

Incroyable comme une perruque peut changer un visage. Dans Désobéissance, Rachel McAdams ressemble à une ménagère de 40 piges en dépression, sauf qu'elle en a dix de moins et que... attendez quoi ? elle a la quarantaine ? Bon, ben en tout cas elle a l'air déprimée, et... oui, ok, elle est déprimée. Bon, c'est quoi ce film alors ?


Un film sur la dépression, c'est ça ? Calmez-vous enfin ! en plus non, ce n'est pas exactement ça, mais plutôt un film sur l'oppression naturelle de son milieu social. Ronit est photographe à New York. Le jour où elle apprend que son père, avec qui elle n'est plus en contact depuis bien longtemps, est décédé, elle décide de retourner dans la communauté juive-orthodoxe qu'elle a pourtant fui pour lui rendre un dernier hommage, à lui, le Rav. Mais son retour ne va pas faire que des heureux, loin s'en faut, et va même faire remonter à la surface des émotions profondément enfouies lors de son départ.

Désobéissance film critique

Sans vous dévoiler toute l'histoire du film, l'élément déclencheur de son intrigue est bien évidemment le milieu social dans lequel Ronit a grandi, et les règles strictes que sa communauté impose, d'autant plus quand on est la fille du Rav. Le cadavre gorgé d'eau qui remonte à la surface, c'est donc son histoire d'amour adolescent avec Esti, aujourd'hui mariée à leur meilleur ami et successeur du Rav, Dovid. Oui, c'est un beau bordel, et Ronit aurait peut-être mieux fait de rester à New York exercer sa sensibilité là où elle est bénéfique, du moins c'est ce qu'un certain nombre de membres de sa famille et de sa communauté lui font comprendre.

Désobéissance film critique

On se trouve donc au milieu d'un tourbillon de reproches, de sentiments refoulés, de désirs contenus, de filiation contrariée. Sebastián Lelio pose là sa caméra avec une discrétion très à propos, nous permettant de voir sur les visages et sur les corps de ses deux actrices principales les effets de telles restrictions. C'est bouleversant et d'une délicatesse infinie dans la mise en scène, mais presque brutal dans l'expression du désir : nos deux Rachel (Weisz et McAdams, toutes deux parfaites) respirent fort, s'embrassent fort, et rien d'autre ne compte l'espace d'un instant. Elles seront malheureusement vite rattrapées par la réalité de leur situation, et le dramatisme des choix qu'elles vont avoir à faire n'aura d'égal que la puissance de leur amour. 

Désobéissance film critique


Ce que Lelio nous dit, en substance, c'est que si on ne choisit pas l'environnement dans lequel on naît, il nous est cependant possible, avec du courage, de choisir la vie que l'on veut mener. Le libre-arbitre doit être notre seul guide, car c'est cette même qualité qui fait de nous des hommes.
 Vous porteriez une perruque à 40 piges, vous ?

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Thierry Marx ouvre un nouveau restaurant sous la nef du Grand Palais

Publié aujourd'hui à 12h00

par Flora Gendrault

Espaces restaurés, programmation culturelle renouvelée… Et restaurant flambant neuf pour se régaler ! On vous l’annonçait récemment, le mythique Palais de la découverte rouvrira ses portes en 2025 après cinq ans de travaux, et comportera de nombreuses nouveautés, dont un restaurant signé Thierry Marx. Un projet délicieux pour un chef extrêmement ambitieux, déjà derrière les restaurants du Palace Mandarin Oriental (1er), le gastronomique Onor (8e), Madame Brasserie (7e) et le très abordable Bouillon du Coq, ouvert en juin dernier à Saint-Ouen. 

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Un lien particulier avec le Grand Palais 

C’est en mars 2023, alors que le chantier battait son plein, que l’homme d’affaire et cuisinier français avait été nommé pour inaugurer une adresse à l’intérieur du Palais de la Découverte. Une association évidente connaissant l’attachement de Thierry Marx au Grand Palais, qui confiait à l’époque avoir « toujours été accompagné » par cette institution, « de mes visites au Palais de la découverte aux nombreuses expositions que j’ai vues ainsi qu’à des manifestations culinaires récentes ». 

Cette semaine, toutefois, l’information a été confirmée lors d’une conférence de presse détaillant le calendrier de réouverture du musée. Consacré aux sciences, celui-ci abritait déjà un restaurant tenu par Eric Frechon, Mini Palais, jusqu’à sa fermeture.


Ouverture imminente

L'événement presse n’a cependant dévoilé que très peu de détails concernant l’établissement. Thierry Marx est un cuisinier pluriel aux larges attraits, allant du travail boulanger à la street food en passant par les produits de saison ; le mystère reste donc entier quant aux futurs plats concoctés. 

Heureusement, il ne reste plus que deux mois avant l’ouverture du restaurant : orchestré par le groupe SSP France, celui-ci devrait ouvrir ses portes en juin 2025, probablement aux alentours du 11 du mois, date de réouverture du Palais de la Découverte annoncée par le président du musée, Bruno Maquart. On prend donc notre mal en patience, et on ne manquera pas de tester pour vous cette adresse, tant son cadre et son chef d’orchestre nous animent ! 

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