On l’a connu membre du groupe The Police, chanteur solo aux tubes planétaires — "Englishman in New York", "Shape Of My Heart", pour ne citer que les plus évidents —, mais il y avait une corde à l’arc artistique de Sting qui restait encore un mystère pour nous : ses qualités de comédien. Après avoir assisté à l’une des représentations de sa comédie musicale The Last Ship, jouée à La Seine Musicale jusqu’au 8 mars 2026, nous voilà désormais convaincus : il n’y a pas un domaine dans lequel l’artiste n’excelle pas. Du haut de ses 74 ans, il signe un spectacle d'une intensité rare, entre fresque sociale saisissante et récit intime bouleversant. Voici 3 raisons d’aller voir The Last Ship.
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1) Un spectacle qui vogue depuis plus de dix ans à travers le monde
Si, à l’origine, The Last Ship est un album de Sting, sorti en 2013, il a fait l’objet d’une adaptation en comédie musicale en 2014. D’abord présenté à Chicago, il rejoint ensuite Broadway, puis l'Angleterre et le Canada, entre 2016 et 2019. Ce n’est que cette année, en 2026, que le spectacle jette l’ancre à Paris, mais aussi à Amsterdam, à Brisbane et à New York — comme un nouveau départ, douze ans après ses débuts.
À l’instar de l’album studio, la comédie musicale rend hommage aux ouvriers d’un chantier naval de Newcastle, milieu dans lequel Sting a grandi. Le spectacle est donc interprété en version originale — surtitrée en français —, ce qui renforce encore davantage son authenticité profonde.

©Mark Senior
2) Un show qui importe l’excellence de Broadway et du West End à Paris
Né aux États-Unis, le show est incontestablement empreint de l’excellence américaine propre à la comédie musicale. Sans abuser des nouvelles technologies, The Last Ship entremêle avec ingéniosité le digital et de véritables décors imposants, qui servent le récit et recréent l'atmosphère au cœur du chantier.
Des décors qui magnifient des voix d’exception d'une puissance déconcertante — celle de Sting, bien sûr, mais aussi celles des comédien·ne·s qui interprètent Gideon Fletcher, Meg et sa fille. Les chansons sont nombreuses et s'enchaînent sans que l’on s’en lasse, puisqu’elles contribuent à l'avancée du récit, à la transmission de l'amour comme de la colère. Les chorégraphies sont, quant à elles, peu présentes. Un choix surprenant mais parfaitement cohérent : ni l’histoire ni la mise en scène ne se prêteraient à de grands tableaux dansés. Ici, on ne cherche pas à briller. La scène est un terrain de lutte et c'est précisément ce qui fait la force de ce spectacle.

©Mark Senior
3) Une histoire profondément politique sur fond de romance
Au coeur de l'histoire, Jackie White (interprété par Sting), contremaître, et ses collègues confrontés à la fermeture de leur chantier naval, sous le gouvernement de Margaret Thatcher, Première ministre britannique de l'époque. Preuve que l'union fait la force, ils décident de résister, en se rassemblant, hommes comme femmes, pour terminer ce bateau dans lequel ils ont investi corps et âme.
Des messages forts, une leçon d’histoire singulière, associés à des histoires d’amour — Meg et Gideon, ou entre Peggy et Jackie — qui tempèrent l'intensité du combat social et apportent une dose de légèreté au spectacle. Lorsque les lumières se rallument, quelques minutes sont nécessaires pour revenir à la réalité, non sans les trois notes mélodieuses et les paroles « And the last ship sails » qui tournent dans nos têtes. Plus qu'une comédie musicale, The Last Ship est une ode à l'Histoire, à la mémoire et au collectif. Et une preuve tangible que Sting n'a pas fini de nous surprendre.
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The Last Ship
La Seine Musicale
Île Seguin — 92100, Boulogne-Billancourt
Jusqu'au 8 mars 2026
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