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Ce village à 1h de Paris abrite les plus belles maisons de la région

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Clémence Varène

À seulement une petite heure de Paris, coincé entre la forêt de Fontainebleau et la Seine, il existe un village pas comme les autres, qui donne l’agréable impression d’avoir échappé au temps. À Samois-sur-Seine, les péniches glissent doucement, les vieux murs en grès bordent les ruelles et, au détour d’un quai, surgissent d’étonnantes demeures aux airs de petits châteaux. Son histoire est intimement liée à la Seine et à la forêt de Fontainebleau : autrefois, son port servait notamment à acheminer vers Paris le bois de chauffage et les pavés de grès extraits de la forêt. Aujourd’hui, Samois conserve ce mélange assez irrésistible d’histoire, de nature et de douceur de vivre.


Les « Affolantes », des maisons à couper le souffle

On dit souvent qu’il faut garder le meilleur pour la fin, mais pour une fois, trêve de suspens, commençons par le meilleur. Et le meilleur, à Samois, c’est sur les bords de la Seine qu’il se trouve. Le long du fleuve, d’immenses villas Belle Époque rivalisent de fantaisie : façades travaillées, colombages, inspirations médiévales, détails Art nouveau, couleurs criardes ou références anglo-normandes… Ces maisons, construites entre la fin du XIXe siècle et l’entre-deux-guerres, surnommées les « Affolantes », témoignent d’une époque où les Parisiens fortunés venaient chercher à la campagne un peu d’air frais, tout en rivalisant d’imagination architecturale. Résultat : en quelques centaines de mètres, le village se transforme en véritable musée à ciel ouvert.

Parmi ces étonnantes demeures, impossible de manquer notre coup de coeur, la villa Les Fontaines-Dieu. Construite à l’origine comme maison forestière, elle est transformée entre 1896 et 1912 en demeure luxueuse par l’architecte Eugène Cottin. Avec ses linteaux de fenêtres gothiques et ses colombages, elle est aujourd’hui inscrite à l’inventaire des monuments historiques. Et si la plupart des villas sont privées, il suffit de longer les quais pour admirer leurs silhouettes et comprendre d’où vient le surnom d’« Affolantes ».


Le dernier refuge de Django Reinhardt

Mais l'architecture n’est pas le seul art à résonner dans les rues de Samois. Ici, une musique bien précise vibre encore entre les maisons et les bords de Seine : celle de Django Reinhardt. Considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus grands guitaristes du monde, il s’installe dans le village en 1951 avec sa famille. Loin de l’agitation des grandes scènes, il y mène une vie plus tranquille, entre pêche, billard, peinture et musique. Le musicien tombe sous le charme de ce village paisible, où il reste jusqu'à sa mort en 1953, à 43 ans. Encore aujourd'hui, il repose au cimetière de la commune.

Très rapidement ensuite, son village d’adoption devient un rendez-vous incontournable pour les amateurs de jazz manouche avec la création, en 1968, du festival Django Reinhardt sur l’île du Berceau. Si le festival principal se tient aujourd’hui à Fontainebleau, l’empreinte du guitariste reste omniprésente à Samois. En bref, ici, les arts se mêlent à la nature pour éblouir tous nos sens, et nous donner l’impression de quitter Paris pour un monde venu d’un autre temps.