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48% des entreprises qui utilisent chat gpt ont licencié des employé·e·s

Publié le 7 juin 2023 à 18h45

Modifié le 7 juin 2023 à 18h53

par Auriane Camus

Il y a quelques semaines, on vous partageait la liste des métiers qui pourraient être menacés par l’intelligence artificielle (spoiler, les journalistes-rédacteurs sont dans le peloton de tête !). En effet, avec l’arrivée de chat GPT-4 en mars 2023, l’intelligence artificielle a pris un nouveau tournant. Qualifiée d’« aussi performante que les humains » par OpenIA, l’entreprise qui l’a créée, le robot conversationnel risque bien de remplacer un certain nombre d’emplois au sein des entreprises en quête d’efficacité.

Et selon une étude américaine sortie au mois de février 2023, c’est malheureusement déjà le cas. Spécialisé en ressources humaines, le site ResumeBuilder.com a mis en évidence l’impact de ChatGPT au sein de plusieurs entreprises américaines et sur le marché du travail. Sur les 1 000 entreprises interrogées, près de la moitié (49 %) a déclaré avoir adopté le chatbot d'OpenAI. Une décision qui aurait conduit 48 % d’entre elles à licencier une partie de leurs salarié·e·s


Un moyen de faire des économies de personnel

Et ce n’est que le début. Si de nombreuses entreprises ayant adopté l’IA ont d'ores et déjà procédé à des licenciements, les prévisions sur le long-terme sont encore pires. Toujours d’après la même enquête, 63 % des chefs d’entreprises ont affirmé que ChatGPT entraînerait des licenciements dans leur entreprise dans les 5 années à venir, et 33 % d’ici la fin de l’année 2023. Du côté des entreprises n’ayant pas encore adopté l'IA, mais prévoyant de le faire, ils sont tout de même 28 % à envisager de licencier des collaborateur·rice·s au profit de ChatGPT. Voilà, voilà.

En cause ? Accessible à tous·tes de façon gratuite, ChatGPT peut facilement remplacer un·e employé·e accomplissant des tâches “banales” et ainsi faire économiser un salaire à l'entreprise qui l’emploie. Rédaction de textes publicitaires basiques, écriture de documents juridiques, traduction, correction, production de contenus artistiques, codage… La liste des tâches que peut accomplir l’IA est longue. Au total, Chat GPT aurait permis à 48 % des entreprises d’économiser plus de 50 000 dollars, et même jusqu’à 100 000 dollars pour 11 % d’entre elles.


Un usage qui risque de s’étendre encore plus

Parmi les entreprises ayant déjà adopté ChatGPT, 93 % envisagent d'étendre l’utilisation du chatbot à d’autres missions. Selon Stacie Haller, conseillère en ressources humaines chez Resume Builder, « les résultats de cette enquête montrent que les employeurs cherchent à rationaliser certaines responsabilités professionnelles en utilisant ChatGPT ». 

via GIPHY

Reste à espérer que l’évolution de l’IA permettra de créer plus de nouveaux emplois qu’il ne va en supprimer. En attendant, nous, on continue de vous écrire plein de contenus trop cools comme on sait le faire, en espérant que Chat GPT ne réussira pas à nous remplacer. 

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La série Adolescence sera diffusée dans les collèges et lycées britanniques

Publié hier à 20h00

par Flora Gendrault

Downing Street l’a officiellement annoncé en début de semaine : la mini-série Adolescence, sur toutes les lèvres depuis sa sortie, sera bel et bien diffusée gratuitement dans les collèges et lycées britanniques. Une mesure initiée par le Premier ministre Keir Starmer lui-même, qui avait publiquement pris la parole pour vanter les mérites d’un programme extrêmement bien mené et instructif, soulevant des questions sociétales cruellement d'actualité


Prouesses technique et scénaristique  

Adolescence a beau n’être sortie qu’à la mi-mars, c’est peut-être déjà la meilleure série de l’année. En débarquant sur Netflix, et sans avoir pourtant fait l’objet d’une campagne promotionnelle démesurée, elle a immédiatement reçu un accueil extrêmement favorable de la presse et des spectateur·rices, et ce aux quatre coins du globe. 

Un coup de maître des créateurs, Jack Thorne et Stephen Graham, lesquels sont parvenus à mettre en scène de manière magistrale les causes et conséquences du meurtre de Kathy, adolescente de 13 ans, poignardée à de multiples reprises par Jamie, un camarade de classe du même âge. Le tout en (seulement) quatre épisodes tournés intégralement en plan-séquence, renouvelant ainsi cette technique largement exploitée au cinéma, moins sur le petit écran, autour d’un récit nerveux traitant de thématiques liées à la jeunesse. 


Dénoncer la spirale du masculinisme
 

Ces thématiques, quelles sont-elles ? Le harcèlement scolaire, la construction de genre sur les réseaux sociaux, et notamment la culture "incel", ces hommes involontairement célibataires qui accusent les femmes de les rejeter. Dans Adolescence, en immersion au cœur d’un commissariat, puis d’une école, et enfin d’une maison de famille, on comprend que Jamie (époustouflant Owen Cooper, nouveau prodige du milieu), élevé à la dure, impopulaire, s’est peu à peu enfermé dans la spirale du masculinisme, jusqu’à commettre un féminicide. Une misogynie alimentée par son activité sur Internet, où se créent de nombreuses communautés réactionnaires, séduites par la théorie du 80/20 d’Andrew Tate, selon laquelle 80% des femmes ne seraient attirées que par 20% des hommes. 


De l’ordinateur au Parlement 

Au Royaume-Uni, terre de tournage mais aussi théâtre d’attaques de même nature ces dernières années, Adolescence a connu une résonnance toute particulièrement. Jusqu’à dépasser les frontières de l’écran : la série a ravivé le débat sur l’utilisation des téléphones, mais aussi sur l’éducation, levier essentiel pour déconstruire les idéologies véhiculées sans régulation sur le web. Diffuser Adolescence au palais de Westminster ainsi que dans les collèges et lycées depuis une plateforme partenaire à Netflix, comme l’avaient publiquement encouragé la députée travailliste Anneliese Midgley, puis Keir Starmer, en marque la première étape. 

« C'est une initiative importante pour encourager le plus grand nombre possible d'élèves à regarder le programme », a déclaré le Premier ministre, qui a lui-même vu la série avec ses enfants adolescents, comme 66 millions de personnes en deux semaines sur Netflix. Un record pour une mini-série britannique ! 


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