L’annonce peut faire sourire, mais elle est parfaitement sérieuse. L’Institut de médecine et de physiologie spatiales (Medes) a lancé ce mardi 10 février une nouvelle campagne de recrutement pour une étude menée en juin à Toulouse. Objectif : recréer au sol les effets de l’impesanteur sur l’organisme.
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Concrètement, les participants devront rester allongés dix jours, dans une position légèrement inclinée, sans possibilité de se lever. Cette posture permet de reproduire les modifications physiologiques observées en microgravité. Particularité supplémentaire : l’apport alimentaire sera strictement contrôlé, limité à 250 calories par jour, afin d’analyser précisément les réactions métaboliques du corps.
Des profils triés sur le volet
L’expérience s’adresse à des hommes âgés de 20 à 40 ans, en parfaite santé et pratiquant une activité sportive régulière. Dix candidats seront retenus dans la foulée et recevront chacun 5.000 euros d’indemnisation (nous faisant dire qu'il y a pire comme dilemme...).
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Pourtant, derrière cette proposition atypique, l’enjeu scientifique est majeur. À mesure que les missions spatiales s’allongent, les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux effets de l’impesanteur sur la masse musculaire, la densité osseuse et le métabolisme. L’alitement prolongé constitue aujourd’hui l’un des modèles les plus fiables pour simuler ces conditions sur Terre.
« Le corps finit par s’habituer »
Un ancien participant à une étude similaire racontait récemment que les premières heures sont les plus déroutantes. La perte de repères est réelle, mais l’organisme s’adapte plus vite qu’on ne l’imagine. Lui avait déjà vécu une expérience bien plus longue : deux mois consécutifs sans quitter son lit, contre une indemnisation nettement plus élevée.
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Ces témoignages soulignent un point essentiel : si l’immobilité semble simple en apparence, elle représente un véritable défi physique et mental. Mais pour certains, la perspective de contribuer à la recherche spatiale, tout en recevant une compensation financière conséquente, suffit à franchir le pas.
Car avant d’envoyer des humains toujours plus loin dans l’espace, les scientifiques doivent d’abord comprendre, ici sur Terre, comment le corps réagit lorsqu’il n’est plus soumis aux lois habituelles de la gravité. Un programme de recherche aussi vaste qu'ambitieux.
