Cela faisait des mois que l’on attendait cette date. Sur le calendrier, le samedi 19 septembre 2026 était entouré en rouge — on y aurait presque ajouté des étoiles et des paillettes, histoire de pousser le délire jusqu’au bout — et au milieu, une inscription : « Concert Céline Dion ». Après l’ascenseur émotionnel que fut l’obtention des précieux billets nous y voilà enfin. Installés loin, certes, mais avec une vue plongeante sur la scène qui s’apprête à accueillir la diva québécoise.
Autour de nous, l’énergie est déjà effervescente alors que le public remplit progressivement la Plénitude Arena. Tandis que certaines tentent de chauffer la foule en la faisant chanter “J’irai où tu iras”, d’autres s’excitent sur leurs chaises dès qu’un projecteur s’éteint. Il faut se rassurer comme on peut : si le début du concert est annoncé à 20 h, ce n’est qu’à 20 h 52 que la salle devient noire et que les projecteurs se braquent sur une Céline radieuse. Minute une du concert : on lui pardonne tous les retards possibles.
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Une Céline Dion définitivement de retour
Les premières notes de “On ne change pas” résonnent et il ne lui suffit que d’un couplet et d’un refrain pour s'emparer la salle. Micro à la main, Céline Dion marche d’un bout à l’autre de la scène, dans sa merveilleuse robe noire, comme pour venir à la rencontre de ce public qu’elle a tant attendu de revoir. “Encore un soir”, “Les derniers sont les premiers”, “The Power of Love”... Des titres cultes, en français et en anglais se succèdent durant cette première partie. Mais surtout des messages d’amour, d’espoir et puis des larmes, beaucoup — de sa part comme de la nôtre. Céline est là devant nous, Céline va bien, elle l’atteste. Et Céline est aussi choquée mais surtout aussi fière que nous.
Après une rapide absence et un changement de tenue, la revoilà avec “My Heart Will Go On”, “J’irai où tu iras”, “Beauty and the Beast” ou encore un medley "I Feel Love/ I’m Alive/ That’s the Way It Is/ Sweet Dreams".
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Ce serait mentir que de dire qu’il n’y a eu aucune faiblesse vocale, aucune note légèrement à côté. Ces notes hautes et puissantes qu’elle semblait autrefois pouvoir atteindre sans aucune difficulté requièrent aujourd’hui d'autres techniques, et une forte concentration qui se lit sur son visage. Pour autant, Céline assure, à chaque chanson, prouvant que sa voix — cette voix que l’on chérit tant — est toujours là. Et finalement, cela nous rassure, parce que ces fragilités rendent le moment encore plus fort. Parce que si tout avait été absolument lisse et maîtrisé, sans la moindre faille, on se serait demandés si elle n'étais pas en playback. Mais non, nous voilà face à une artiste qui a toujours vécu sur la scène, une humaine, atteinte d’une maladie neurologique rare, qui performe en live, et a décidé coûte que coûte de continuer à faire ce qu’elle fait de mieux : chanter.
Un concert placé sous le signe de l'émotion
Troisième changement de tenue pour une séquence plus émouvante. “S’il suffisait d’aimer”, ou encore “Ziggy” nous vont droit au cœur. C’est sur une étonnante mais époustouflante reprise de Maria Callas qu’elle clôture près d'1 h 50 de spectacle. Un choix qui en a laissé certains perplexes, bien qu’il semblait évident qu’un rappel serait de rigueur.
Cette fois-ci, ce n’est pas au milieu de la scène qu’elle arrive, mais d’un côté, marchant en rythme sur la note répétée de l’introduction de “All By Myself”. On le confesse, on l’attendait — plus que n’importe quelle autre chanson. Parce qu’au-delà des paroles et de la mélodie grandioses, il y a une note précise qu'il lui est impossible de rater. Évidemment elle l’atteint. Évidemment les frissons gagnent chaque centimètre de notre corps. Évidemment, Céline n’aurait jamais pu nous décevoir.
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Comme un dernier cadeau, elle nous offre un "Pour que tu m’aimes encore" que 30 000 personnes chantent à tue-tête et à l'unisson. Comment quitter les planches ensuite, quand une telle foule vous acclame debout, une foule qui vous a attendue pendant plusieurs décennies et qui voudrait prolonger cette soirée pour l’éternité ? Des dizaines de mercis, les yeux embués, un « croyez en vos rêves », un « je vous aime », et voilà que Céline disparaît.
Était-ce bien réel ? On en douterait presque.
Nous aussi on t’aime, Céline.
