Les devantures parisiennes fleuries vont bientôt disparaître !

undefined 12 février 2024 undefined 15h29

Flora Gendrault

De quel camp faites-vous partie ? Celui des instagrammeur·euses fans de couleurs et de fleurs, comblés de joie lorsqu’une balade dans le Centre se transforme en photoshoot devant les commerces pimpés, ou de leurs haters, sûrement plus nombreux, à coup sûr (vrai·es) parisien·nes et fier·es de l'être, qui ne supportent plus que les devantures parisiennes se dotent toutes de bouquets (« en plastique, en plus, même pas des vrais ») qui ne vont pas ensemble et polluent leur champ de vision ? 

Triste nouvelle pour les premiers, délicieuse annonce pour les seconds : le Conseil de Paris veut mettre le holà sur cette tendance, jugée excessive et dommageable en termes de sécurité


325 établissements avec des fleurs artificielles dans Paris 

Pour Boris Jamet-Fournier, élu du groupe Paris en commun interrogé par BFM-TV, cette décoration des commerces parisiens est devenue un « problème » : « 2023 a été l'année de l'éclosion des fleurs en plastique sur nos cafés, nos restaurants, nos bistrots et ça a profondément changé l'esthétique parisienne à laquelle on est attaché ». 

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme publiée en janvier 2024 décrit l’ampleur du phénomène : en avril 2023, 325 établissements ont installé une telle décoration. Paris Centre en concentre un tiers (111, soit 34% du total), devant le 11e (41, soit 13%) et le 14e (31, soit 10%). Effectivement, qu’on les adore ou qu’on les déteste, difficile de les manquer dès qu’un pied est posé dans le Marais. 

Votée à l’unanimité, cette charte vise ainsi à « inciter les commerçants à retirer ces décorations en plastique, notamment florales ». Elles dénatureraient le charme à la parisienne, mais comporteraient également des risques en termes de sécurité selon Boris Jamet-Fournier, puisque ces fleurs sont « inflammables », peuvent ainsi causer des incendies et des problèmes en termes « d'entretien et d’hygiène ».


Résister à l’effet de mode, mais à quel prix ? 

Si tous·tes les gérant·e·s de commerce s’y sont mis, n’y voyez pas un romantisme assumé mais bien un choix économique afin d’attirer la clientèle, séduite par le concept sur les réseaux sociaux. Cette future disposition pourrait ainsi mettre en difficulté certains établissements, qui ont connu un regain d’activité depuis la floraison de leur façade. 

Dans son étude, l’Atelier parisien d’urbanisme confirme que les bars et restaurants « se sont emparés de cette nouveauté afin de doper leur fréquentation ». Tyrannie d'Instagram faisant rage, les clients se prennent en photo « en terrasse ou devant l’établissement, et la font paraître sur les réseaux sociaux, ce qui augmente considérablement la visibilité du commerce ». Pour l'instant, la disposition semble incitative, aucune information n'est donnée sur une potentielle obligation de retrait dans la charte.