Lorsque l’ancienne œuvre du street artiste Seth (Julien Malland) a disparu, sacrifiée par les travaux d’isolation thermique du bâtiment, la mairie du 13e a fait la promesse que l’artiste pourrait réinvestir les lieux. Fort heureusement, la promesse a été tenue.
Celui qui fait de Paris un rêve
Que son nom soit une référence à la divinité égyptienne du chaos ou aux personnages de manga qui ont bercé son enfance, une chose est certaine : son talent met tout le monde d’accord. Rapportant tous ses voyages et les conclusions qu’il en tire aux yeux de tous, dans la rue, Seth sait bousculer notre métro-boulot-dodo avec des œuvres tout aussi engagées que poétiques.
Utilisant les rues comme carnet de voyage, il mélange les cultures, s’adapte à son environnement et fait passer des messages qui résonnent. Après l’offensive russe en Ukraine, il descend dans les rues de la Butte-aux-Cailles pour réaliser l’Ukraine en marche. À la mort de l’artiste urbain Zoo Project, il se rend à Saint-Blaise pour lui rendre hommage avec l’enfant sur son nuage. Pour la cause palestinienne, il réalise une fresque sur un mur séparant Israël de la Palestine avant de l’effacer le soir même, admettant que certains murs ne doivent pas être esthétisés.
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La jeune fille là-haut
À l’intersection de la rue Émile-Deslandres et de la rue Berbier-du-Mets, on peut retrouver l’artiste perché sur son élévateur, pinceau à la main. Son ancienne œuvre, une jeune fille flottant dans un parapluie coloré au-dessus d’une mer de parapluies sombres, a certes été effacée, mais cette disparition lui a offert une précieuse opportunité : faire évoluer son œuvre.
Aujourd’hui, il insuffle couleur et profondeur à ce mur, en nous laissant la libre interprétation de cette version de la petite fille, flottant dans les airs. Dans le 13e, les murs ont souvent bien plus à dire que les musées qui leur font face.

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