C’est un moment historique que celui que traverse la capitale ces dernières semaines. Alors que, depuis près d’un mois maintenant, les lycéens protestent contre les conditions d’enseignement dans de nombreux établissements, les Gilets jaunes se sont récemment joints à leur cause, protestant de leur côté contre la hausse des prix. Un mouvement commun d’ampleur nationale, qui a pris des proportions inédites depuis ce samedi 17 octobre dernier, non sans conséquences.
Des actions insuffisantes de la part de l’État
Dans les rues du centre de Paris, lundi 19 octobre, le constat était assez désolant. Plus de 3 000 boutiques dégradées, saccagées et pillées ont été comptabilisées dans la capitale, avec des conséquences absolument dramatiques pour tous les propriétaires et locataires de ces commerces. Et pour cause, pour certains, ces adresses sont l’investissement d’une vie, et les dommages s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros. Face à ces débordements, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la mise en place d’aides, ainsi qu’un chômage technique pour tous les commerçants dans l’incapacité de travailler, en place depuis ce mardi 20 octobre. Mais pour nombre d’entre eux, ses mesures sont bien loin d’être suffisantes.
⚡️🇫🇷 La situation est totalement hors de contrôle à #Paris dans le secteur République. #17octobre ⭕️ Scènes de pillage et de saccage de commerces dans le secteur : une boutique de téléphonie, un magasin de cosmétiques, une grande enseigne de sport, un Célio et d’autres enseignes ont été visés près de la place de la République et dans le quartier Strasbourg-Saint-Denis (boulevard Saint-Denis notamment). ⭕️ Affrontements répétés autour de la place de la République dès le début d’après-midi : jets de projectiles, mortiers, barricades, feux (véhicules, poubelles, au moins un restaurant et des départs de feu dans des immeubles proches), usage de gaz lacrymogène, grenades et canon à eau par les forces de l’ordre. ⭕️ Interpellation à Paris : environ 133 à 14 h, 163 à 15 h 30, et 195 vers 16 h (dont 13 mineurs), selon le parquet et la préfecture. ⭕️ Marseille : le préfet des Bouches-du-Rhône évoque 40 magasins pillés. ⭕️ Lyon : les médias locaux (Le Progrès, Lyon Capitale) parlent de « dizaines » ou d’« une vingtaine » de commerces pillés/dégradés en Presqu’île (listes détaillées : Sephora, H&M, Hugo Boss, The Kooples, Micromania, etc.).
— X⚡️INFOLIVE (@xinfolive) October 17, 2026
Aux grands maux les grands remèdes
Ainsi, à la veille d’un nouveau rassemblement, prévu pour ce samedi 24 octobre, ils sont nombreux à avoir décidé de prendre les choses en main, et d’organiser leur propre défense, aussi bien pour les commerces déjà touchés que pour ceux épargnés jusqu’à présent. Rondes de nuit organisées depuis le début de la semaine, présence constante sur les lieux, ou encore et surtout achat d’équipements de défense en magasins spécialisés. En effet, depuis une semaine, selon les propos d'Yves Gollety, patron de l’armurerie de la Bourse et président de la Chambre syndicale nationale des armuriers depuis 1997, les commandes auraient été multipliées par 10 sur les derniers jours. Au menu, des armes de défense non létales de catégorie D, disponibles en libre-service pour les personnes majeures, telles que des pistolets à balles de caoutchouc, des bombes lacrymo, des matraques. Plus gros succès : les pistolets lacrymogènes, en rupture dans de nombreux commerces.
🇫🇷🛍️ FLASH — À Paris, une femme CHOQUÉE par les violences du 17 octobre achète DEUX SPRAYS AU POIVRE dans une armurerie près de Bastille pour se protéger lors des manifestations de samedi. (M6 Info) https://t.co/Yy7rJUMmzU
— Focus (@FocusMedia_Fr) October 22, 2026
