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Municipales 2026 à Paris : Emmanuel Grégoire largement en tête devant Rachida Dati

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Jérémy Pennors

C’est une poussée inattendue par rapport à ce qu’annonçaient les sondages. Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales à Paris a livré un verdict clair : Emmanuel Grégoire arrive nettement en tête avec 37,98 % des suffrages. Une victoire nette pour l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, à la tête d’une alliance PS-EELV-PCF, qui peut se targuer de devancer Rachida Dati de plus de 12 points, la candidate de droite ne récoltant que 25,46 % des voix. 

Derrière ce duo, la bataille reste ouverte. Sophia Chikirou, candidate de La France insoumise, crée la surprise avec 11,72 %, tandis que Pierre-Yves Bournazel (Horizons et Renaissance) atteint 11,34 %. La liste de Sarah Knafo (Reconquête) franchit également le seuil de maintien de justesse avec 10,40 %. Avec cinq listes au-dessus des 10 %, une quinquangulaire se profile pour le second tour, même si des alliances restent possibles d’ici mardi soir. À l’inverse, plusieurs candidats sont éliminés dès ce premier tour, dont Thierry Mariani (Rassemblement national), crédité de seulement 1,61 %.


Une gauche plus forte qu’attendue

Ce premier tour marque surtout une nette progression de la gauche dans la capitale. Ensemble, les listes de gauche cumulent 51,3 % des suffrages, contre 45,9 % en 2020, soit plus de six points de progression.

La dynamique bénéficie d’abord à Emmanuel Grégoire, mais aussi à Sophia Chikirou, qui signe une percée remarquée et s’impose comme un acteur clé de l’entre-deux-tours. L’insoumise arrive ainsi en tête dans plusieurs bureaux de vote du nord-est, confirmant sa montée en puissance. Rarement la gauche parisienne aura atteint un tel niveau, hors le pic de 2008.

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Autre élément marquant : la forte mobilisation électorale. Le taux de participation atteint 58,89 %, bien au-dessus des municipales de 2020 (42,3 %) et même de celles de 2014 (56,3 %). C’est la participation la plus élevée dans la capitale depuis 2001, une dynamique qui semble avoir profité en grande partie au bloc de gauche.


Alliances et tractations avant un second tour incertain

La semaine qui s’ouvre s’annonce décisive. Emmanuel Grégoire, arrivé largement en tête, appelle déjà à empêcher une victoire de la droite et de l’extrême droite. Mais il ne dispose pas de réserves de voix évidentes, ce qui rend les discussions avec La France insoumise potentiellement déterminantes

De son côté, Sophia Chikirou attend un geste du candidat socialiste pour envisager une convergence. Sans accord, elle pourrait maintenir sa liste, compliquant l’équation à gauche.

À droite, Rachida Dati appelle au rassemblement des forces conservatrices. Une alliance avec Pierre-Yves Bournazel semble privilégiée, tandis que Sarah Knafo n’a pas encore précisé si elle retirerait sa liste au profit de Dati ou resterait dans la course. Ainsi, si Bournazel s’alliait avec Dati et que Knafo se retirait, une victoire de Dati deviendrait de l’ordre du possible.

Avec cinq listes qualifiées et des alliances encore possibles, le premier tour n’a donc fait qu’ouvrir une nouvelle séquence politique. Et autant dire que le second tour, dimanche prochain, s’annonce plus indécis que jamais pour l’avenir de l’Hôtel de Ville.


La surprise insoumise à Saint-Denis

Dans le reste de l’Île-de-France, la surprise vient de Saint-Denis, où le candidat de La France insoumise s’impose dès le premier tour dans la deuxième plus grande ville de la région, forte de 149 000 habitants. À Montreuil, le sortant communiste Bessac est réélu dès le premier tour, tandis qu’à Argenteuil, l’élection reste très ouverte : le maire sortant de droite Mothoron arrive en tête (37,77%), mais est bousculé par les insoumis, qui dominent la gauche avec 26,57%, promettant un second tour serré.