En 2022, on faisait nos adieux au bon vieux Bus Palladium, et avec lui, tous les souvenirs vécus dans ce club rock mythique, qui avait vu passer les plus grands. De Dalí à Mick Jagger, en passant par les Beatles, Otis Redding, Les Rita Mitsouko, Téléphone… Six décennies d’audace, de concerts bouillonnants et de nuits folles ont soudainement pris fin. Le Bus Palladium signe pourtant bel et bien son (grand) retour ce 10 avril, mais sous une toute nouvelle forme : la salle de rock se métamorphose en lieu de vie et de fête (toujours autour de la musique) entre concerts et boutique hôtel 5 étoiles.
La renaissance d’une icône
Depuis son ouverture en 1965, le Bus Palladium a fait battre le cœur de Pigalle, nuit après nuit dans la rue Fontaine. Sa fermeture en 2022 signait donc bel et bien la fin d’une époque, la fin d’un dancefloor aussi fédérateur que libérateur, où pendant des décennies régnait un paradis rock sans barrières sociales. Pour faire passer la pilule, on nous annonçait dans le même temps que sa démolition, un chantier et un esprit renouvelé. Une renaissance signée Christian Casmèze, propriétaire historique qui a hérité du bâtiment de son grand-père, mémoire vivante des lieux, aux côtés de Nicolas Saltiel, fondateur des hôtels Chapitre Six – ayant lui-même travaillé au Bus dans sa jeunesse – qui apporte une nouvelle vision plus moderne. Ensemble, ils ont métamorphosé et sublimé ce lieu culte de Pigalle, avec scène-club, hôtel, restaurant, bar et rooftop pour les beaux jours.

Bus Palladium 2.0
Le Bus Palladium renaît donc de ses cendres, avec une équipe d’enfer. Le Studio KO s’est occupé de toute l’architecture, faisant dialoguer brutalité et douceur, mémoire et création, rock et hédonisme. Côté direction artistique et curation culturelle, on retrouve Caroline de Maigret aux manettes, productrice de musique, icône parisienne et figure de Pigalle depuis ses 20 ans. Elle a repensé le Bus avec un twist contemporain (tout en gardant sa générosité d’antan) en imaginant des playlists pensées pour chaque instant et chaque espace, une odeur signature ambrée-boisée et des uniformes (signés Husbands) inspirés du rock britannique et de la Nouvelle Vague. La vie nocturne est laissée quant à elle aux commandes de Lionel Bensemoun (Le Baron, La Mano…) qui décide de renouer avec l’ADN du Bus Palladium, entre concerts, DJ sets, performances, spectacles, aftershows… Un retour aux sources qui rend hommage à tous ces concerts qui ont défilé sur place, alternant jeunes groupes underground et célébrités françaises et internationales, d’Alain Bashung à Etienne Daho en passant par les Strokes et Pete Doherty.

Un hôtel cinq étoiles à contre-courant
Le gros de la transformation du Bus Palladium reste tout de même la création d’un tout nouvel hôtel cinq étoiles, conçu comme un lieu qui vie de jour comme de nuit. Au programme ? 35 chambres finement décorées – entre murs en liège proustien, plafonds en béton brut, moquette rose poudrée et enceintes Ojas avec playlists intégrées – ainsi qu’une Suite Dalí rendant hommage au célèbre peintre catalan, qui fréquentait jadis les lieux. Côté food, le chef Valentin Raffalli signe la création des cartes du restaurant (ouvert 24h/24 et 365 jours par an), du bar et des petits-déjeuners, avec des produits bien sourcés et des menus volontairement resserrés.

La bonne nouvelle ? Le Bus Palladium compte bien continuer de laisser son empreinte dans la nuit parisienne et signe sa réouverture ce vendredi 10 avril 2026 – pour le plus grand plaisir des noctambules.
