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À Paris, un passage piéton sur cinq est considéré dangereux

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Clémence Varène

On le sait, se déplacer dans la capitale, c’est toujours un petit challenge. On a le choix entre prendre un métro bien trop souvent perturbé, se farcir les bouchons en voiture ou en bus, prendre le vélo au risque de perdre 6 heures à trouver un bolide en état de marche, ou bien se déplacer à pied. Et alors ça va si on ne va pas très loin, mais ça peut vite se traduire par une perte cruciale de temps, voire une mise en danger de sa vie. En cause ? Des aménagements encore bien trop dangereux.


Une préoccupation loin d’être récente

Il suffit de se promener dans les rues autour de chez vous ou de vos bureaux pour s’en rendre compte très vite, dans beaucoup de cas, les passages piétons de la capitale ne sont pas du tout sécurisés. En cause, des places de stationnement beaucoup trop près des bandes blanches, qui empêchent une bonne visibilité, aussi bien du côté des piétons que des voitures.

Un problème qui n’est pas récent, puisque depuis 2019, la loi Mobilité (LOM) oblige les villes à supprimer les places auto et moto situées à moins de 5 mètres d’un paysage clouté. Seulement voilà, la deadline a été fixée au 31 décembre 2026, et pour l’instant, la capitale est loin, très loin du compte avec pas moins d’un zebra sur cinq en dehors des clous (vous l'avez ?). Une situation d’autant plus préoccupante que, selon une étude récente, deux tiers des incidents impliquant des piétons ont lieu sur l’une de ces zones.


Un chantier plus ou moins important selon les arrondissements

D’après le Collectif Paris Piétons, association fondée au printemps, à l’heure actuelle, 20% des 22 000 passages piétons que compte la capitale ne sont pas aux normes, soit un peu plus de 4 000 zones. C'est donc un chantier massif qui se trouve face à nous, nécessitant la suppression de pas moins de 3 000 places voitures et 1 700 places deux-roues motorisés, pour y installer des arceaux de vélo. Mais attention, tous les quartiers de Paris ne sont pas forcément dans le rouge.

Ainsi, dans le Centre, le 6e et le 10e, seuls 7% des zébras ne sont pas sécurisés. À l’inverse, on atteint les 25% dans le 17e, les 29% dans le 16e, et surtout les 31% dans le 15e. Des arrondissements traditionnellement plus enclins à laisser de la place aux voitures face aux mobilités douces, qui blâment avant tout un manque de budget pour effectuer les changements. Si ces derniers ne pourront pas être effectifs d’ici la fin de l’année, un nouvel objectif à 2030 a été envisagé pour l’ensemble de la capitale.