Imaginez un lieu où les femmes et les voyageuses du monde entier pourraient se retrouver. Un lieu où l’on est la bienvenue, quels que soient son âge, son histoire de vie, son métier ou son parcours. Un lieu où, quand on passe le pas de la porte, on se sent transporté dans une bulle chaleureuse et hors du temps, comme dans un cocon familial. Cela paraît utopique ? Pourtant, ce lieu existe bel et bien. En juin 2026, il a ouvert ses portes à Paris, sous l’impulsion de l’entrepreneure hollandaise Bianca Brasdorp, épaulée par la manager des lieux, Gina Ivaldi. « Hostelle » s’illustre désormais comme la première auberge de jeunesse de France réservée exclusivement aux femmes et dirigée par des femmes.

©Jagoda Bartus/ Le Bonbon
Dans cet écrin aux couleurs pétillantes, entre rose, orange et fresques artistiques — exclusivement réalisées par des femmes —, les voyageuses de passage dans la capitale, une nuit ou un plus long séjour, déambulent, se rencontrent, créent des liens que peut-être n’auraient-elles jamais tissés. Le but d’Hostelle ? « Rendre le voyage confortable, fédérateur et sous le signe de la sororité », confie Nandi, assistante manager chez Hostelle.
Une auberge digne d'un chez-soi
Lieu de passage certes, mais surtout lieu de vie, Hostelle a prévu tout le nécessaire pour passer un séjour comme à la maison. Cuisine équipée, laverie, et plusieurs salles de bain accompagnent les neuf chambres allant de 4 à 18 lits, avec 82 couchages au total. Pivoine, Baker — en hommage à Joséphine Baker —, Vogue… Chaque chambre a sa propre thématique et son univers associé. « On a une déco kitsch assumée, c’est très rose, très fluo, mais on l’assume et c’est ça qu’on aime », confie Nandi.

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Espace lounge avec des canapés et une télé, un espace maquillage... Ici « il y a des choses qui ont été pensées et qu’elles ne trouvent pas ailleurs ». Si 44 % des femmes sont freinées par le voyage en solo par peur de se sentir seules*, Hostelle a tout pensé pour favoriser cet esprit de communauté et de sororité. D’ailleurs, deux à trois événements sont organisés chaque semaine pour fédérer davantage les résidentes, comme des balades dans Paris, des ateliers créatifs, des visites de lieux mythiques de la capitale, ou encore des soirées films. À terme, l’idée serait également de proposer « des cours de self-défense, de maintenance, de bricolage pour que les femmes sortent d’ici et sachent qu’elles peuvent faire ces choses qui sont habituellement attribuées aux hommes », complète Gina Ivaldi.
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Et le concept plaît : pour deux soeurs d’origine guadeloupéenne venues y passer la nuit, c’était une grande première. Elles ont été séduites par « la propreté, l’intimité qu’accordent les rideaux sur chaque lit » et le fait qu’il n’y ait pas besoin d’être constamment en « alerte ». « On a tous cette volonté féministe et cette envie d’offrir un espace safe pour tout le monde. Œuvrer pour ça, c’est vraiment gratifiant », ajoute Nandi.
Permettre aux femmes de se sentir en sécurité à tout moment
La sécurité de toutes est l’une des priorités absolues d’Hostelle. « Un jour, j’étais seule en train de dormir dans une chambre et un homme entre, et j’entends qu'il allume la douche. Je ne pouvais pas bouger. Au bout de 20 minutes il est ressorti. J’étais choquée, ce n’était pas rassurant du tout. Ou même le fait d’être la seule femme dans un dortoir d’hommes, ça n’a rien d’agréable », raconte Bianca Brasdorp. Ces expériences malheureuses n'ont fait que renforcer sa volonté de créer un espace où les femmes « n’auraient pas à se soucier de si on voit un peu de peau, d’où elles peuvent se changer, ou des potentiels risques », ajoute-t-elle.

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Si Hostelle a pour ambition de rester un lieu exclusivement féminin, l’auberge a néanmoins dû faire appel à des hommes pour assurer la surveillance de nuit. « On n’est pas dans une rue propice à recevoir un établissement touristique comme le nôtre. Quand on a ouvert, ça a attisé de la curiosité pas que bienveillante. Des hommes tournaient autour, toquaient à la porte, c’était juste terrifiant et nous on veut offrir un espace safe pour les résidentes et les employées », explique Nandi, qui exerçait comme réceptionniste de nuit il y a quelques mois. Seule nuance : chez Hostelle, c’est aux hommes de trouver leur place parmi les femmes, et non l’inverse, insiste Gina Ivaldi.
D'Amsterdam à Paris : 14 ans d'histoire au féminin
Loin d’être le premier, l’Hostelle parisien est le 4e établissement fondé par Bianca Brasdorp. Le concept est né à Amsterdam en 2012, d’un mélange entre une envie entrepreneuriale et une créativité débordante. Au fil des années, Hostelle s’est ensuite exporté à Barcelone, à Londres et devrait s'implanter à Berlin en 2027. « Je vais dans une ville, je cherche à comprendre les règles, je trouve le local, je le rénove et j’en fais une auberge. Ça a l’air simple, mais ça ne l’est pas du tout », explique Bianca Brasdorp en riant. Chineuse invétérée, elle apporte dans chacune de ses auberges des pièces issues de sa collection personnelle. Une façon singulière de laisser un petit morceau d’elle-même dans les différentes villes.
Depuis son ouverture, Hostelle Paris ne désemplit pas. « Les gens sont très contents, ils aiment la décoration, les événements, le fait d'être seulement entre femmes », explique Gina Ivaldi. Si Hostelle existe depuis plus de 14 ans déjà, le concept n'a pas fini de faire parler de lui. Ça ne fait aucun doute : l'histoire est loin d'être terminée et c'est au féminin qu'elle continuera de s'écrire.
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Hostelle Paris
13, rue de Moselle — 19e
Tarifs : à partir de 18 € la nuit
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