En période de canicule, il y a certaines zones de la capitale à fuir comme la peste, sous peine d’avoir l’impression d’avoir mis les pieds dans l’antichambre de l’enfer. Les transports en commun, pour commencer, puisque des températures dépassant les 55° ont été enregistrées dans certains bus. Mais aussi les parcs en plein soleil, les places publiques suintantes et odorantes, ou encore la rue Coriolis…
Un écart de taille
Nul ne pourrait, lors d’un passage hivernal rue Coriolis, dans le 12e, se douter que cet axe à l’apparence somme toute ordinaire se transforme en four dès le retour des beaux jours. Pourtant, à en croire les habitants, interrogés par Le Parisien, le constat est sans appel : ils vivent bel et bien dans « la rue la plus chaude de Paris ». Une allégation qui ne sort pas de nulle part, puisque certains sont allés chercher les preuves de cette injustice. Ainsi, l’un des riverains s’est attelé à établir des relevés de températures à conditions équivalentes dans les rues avoisinantes, pour constater un écart de pas moins de… 10° ! Au troisième étage de l’un des immeubles, depuis un balcon, le mercure est même monté jusqu’à 50,7° à 18h.
La rue la plus chaude de Paris? Ce serait la rue Coriolis, dans le XIIᵉ arrondissement (surprise!) : 50,7 °C à 18h 30. La Ville de Paris affirme que la végétalisation y est «impossible», tout en reconnaissant que les bacs végétalisés à Paris sont utilisés comme des poubelles.… pic.twitter.com/nVxj7G4ykK
— BVH (@BVHparis) July 30, 2026
Un concours de circonstances
Mais alors comment s’explique un écart de température aussi important ? De plusieurs manières. Tout d’abord, cette rue, située face aux rails de la gare de Bercy, est complètement ouverte, sans vis-à-vis, et donc baignée dans le soleil toute la journée. En plus de cela, l’axe présente une absence totale de végétation. Pas un arbre, pas un bac à fleurs pour essayer de faire baisser un peu la température. Enfin, la rue étant entièrement bétonnée, le thermostat monte drastiquement chaque soir aux alentours de 18h, alors que la chaleur s'échappe du bitume. Une accumulation de facteurs, qui font de cette rue un microclimat.
Les habitants de la rue Coriolis #Paris12 demandent de l’ombre et des solutions innovantes. Réponse : câbles, gaz, égouts, entretien… Bref, depuis 25 ans, la ville de #Paris a surtout cultivé les raisons de ne rien faire. #Inaction https://t.co/QwFkcxJEXR
— Valérie Montandon (@VMontandon) July 30, 2026
Quelles solutions ?
Face à cette situation, nombreux sont les habitants à avoir sollicité la mairie et mis en place des pétitions dans l’espoir de voir les choses changer. Malheureusement, la solution la plus simple, qui consisterait à végétaliser l’espace, est pour l’instant hors de question. En effet, sous le trottoir se trouvent des câbles téléphoniques, des conduites de gaz, un égout, ainsi qu’un réseau haute tension SNCF, rendant impossible toute plantation. Dans la même veine, la mairie refuse pour l’instant la mise en place de bacs végétalisés, qui sont souvent pris pour des poubelles et demandent donc un entretien trop important. La maire écologiste de l'arrondissement, Lucie Castets, a toutefois assuré que cette problématique ferait partie de celles abordées pendant son mandat.
