Entre inscriptions politiques, messages militants et simples graffitis, la statue de la République, inaugurée en 1883, est depuis des années régulièrement recouverte de peinture ou de tags lors des rassemblements organisés sur la célèbre place. Une pratique qui, bien que s’inscrivant dans une certaine tradition militante autour de ce lieu emblématique, se révèle être un véritable casse-tête pour la Ville de Paris, contrainte de dépenser chaque année plusieurs millions d’euros pour effacer les tags sur son mobilier urbain.
🇫🇷🇵🇸 "FREE GAZA" : la Statue de la République a été drapée aux couleurs de la Palestine, à Paris.
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À l’approche des municipales, Ariel Weil, maire socialiste de Paris-Centre, propose donc une solution toute simple au problème : installer autour du monument un petit jardin surélevé accompagné de grilles. Dans une « vue d’artiste » dévoilée récemment, la statue apparaîtrait ainsi dans un discret écrin végétal, créant une distance physique avec les visiteurs.
🇫🇷 Paris : un « écrin végétal » et des grilles pour empêcher les tags sur la statue de la place de la République ? (Le Parisien)https://t.co/cQa0z4vLDD pic.twitter.com/9HTby31nkU
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Un projet aux marges de manœuvre limitées
L’objectif est double : protéger le socle du monument et rappeler visuellement qu’il ne doit pas être escaladé ou dégradé. Une manière, selon l’élu, de préserver ce symbole républicain sans remettre en cause l’aménagement actuel de la place. Pas question pour autant de transformer à nouveau la Place de la République. Le grand réaménagement mené sous Bertrand Delanoë a déjà profondément modifié l’espace au début des années 2010. Et les contraintes techniques restent fortes.
🇫🇷 Insolite : la statue de la Place de la République à Paris a été affublée d’une chasuble "Macron démission". (BFMTV) #reformedesretraites #1erMai pic.twitter.com/6HJ6gFws4l
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Sous la place se trouve en effet l’une des plus vastes stations du réseau du RATP, ce qui limite les possibilités de plantations importantes ou de travaux lourds. D’autant que des chantiers d’étanchéification sont envisagés dans les prochaines années. Le projet défendu par Ariel Weil se veut donc « léger ». Il s’inspire d’autres monuments parisiens entourés d’une protection discrète, comme la colonne de Juillet sur la Place de la Bastille ou la fontaine des Innocents, remise en valeur avec un jardin historique lors de sa restauration.
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Des précédents… mais une efficacité discutée
À Paris, plusieurs statues sont déjà entourées de grilles, à l’image de celle de Louis XIV sur la Place des Victoires ou de celle de Jeanne d’Arc près de la Place Saint‑Augustin. Ces aménagements permettent de matérialiser une distance avec les monuments, même s’ils ne dissuadent pas totalement les dégradations.
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Certains spécialistes rappellent d’ailleurs que des grilles existent aussi autour de la colonne de Juillet, sans empêcher quelques intrusions. Pour ses défenseurs, la solution passe aussi par davantage de pédagogie et par l’application des sanctions prévues par le Code pénal pour la dégradation d’un monument classé. La statue de la République, sculptée par Léopold Morice et inscrite aux Monuments historiques depuis 2021, reste en effet un symbole fort de l’espace public parisien. Toute intervention devra donc rester sobre pour préserver la lisibilité de son imposant socle.
