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Avec ces Parisiens partis se confiner à la campagne

Publié le 7 mai 2020 à 14h31

Modifié le 7 mai 2020 à 15h42

par La Rédac'


Exode mondial

C’est un fait : à Paris, on compte 20 781 habitants au kilomètre carré selon l’Insee (en 2016). Au quotidien, ce mode de vie est supportable par la riche offre culturelle de la ville, les parcs, et bien sûr, parce qu’en journée la plupart des gens se déplacent pour aller travailler. À la mise en place du confinement, beaucoup ont eu peur de ne pas supporter l’exiguïté de leurs appartements. C’est le cas d’Éric*, en colocation, qui a préféré prendre un aller simple pour la Bourgogne le week-end précédent la mise en place du confinement : « Quitte à rester enfermé toute la journée, autant profiter du confort d'une maison ET d'un jardin, surtout à l'approche des beaux jours. J'ai 3 adorables coloc', mais se marcher dessus à durée indéterminée, c'était hors de question. » Pour d’autres, comme Pierre, papa de deux enfants, le confinement à la campagne s’est imposé : « ça me semble beaucoup plus sain pour eux d’être à l’air pur, de se rapprocher de la nature, que de rester enfermé dans une surface restreinte. »

Certains étaient partis en week-end ou en voyage, et on été surpris par les mesures de confinement. Il fallait réagir vite, comme l’explique Florie : « j’étais en voyage pendant le coronavirus, et je suis rentrée d’urgence, je suis allée directement dans ma maison de vacances le 18 mars car la maison est beaucoup plus grande que mon appartement parisien et m’a permis d’être en pleine campagne avec ma famille ». Cassandre, elle, était partie à Angers pour le week-end, et a décidé d’y rester : « On a opté pour allez chez la mère de mon copain. Chez elle il y a un atelier dans le garage et du bois (mon copain est charpentier), un jardin et la maison se trouve sur les bords de Loire, ce qui est bien sympa pour se balader ».

L’exode, hérésie ou instinct de survie ? Le confinement à la campagne est pour certains un privilège de classe, pour d’autres un retour auprès des parents vivant en province. La France n’a pas eu le monopole de l’exode urbain : si à Paris, environ 370 000 personnes ont mis les voiles, on a observé des flux de migrations exceptionnels dans le monde entier à l’annonce des mesures de confinement. En Inde, le 25 mars dernier, des millions de travailleurs pauvres mis au chômage sont partis à pied rejoindre leurs villages. Entre le 15 mars et le 7 avril, 143 000 Ukrainiens ont quitté la Pologne, selon le journal Le Monde, qui rapporte également qu’en Turquie, près de 3 millions de citadins sont partis rejoindre leur village d’origine ou leur résidence secondaire bien avant le 3 avril, date de l’annonce des restrictions de déplacement dans les plus grosses villes du pays.

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En France, ce déplacement des villes vers les campagnes n’a parfois pas été vu d’un bon œil, comme l’explique Marion : « Mes amis restés à Paris ont trouvé ça un peu lâche j’ai l’impression. Ils n’aiment pas trop que certains aient "la belle vie" pendant qu’eux "respectent les règles", ce que je peux comprendre ». De son côté, Éric avait peur que ses proches soient « mitigés sur mes envies de retour. Je revenais d'une petite vadrouille aux quatre coins de la France, donc risque élevé d'avoir matché avec quelques virus... Finalement, ils étaient plutôt rassurés de me savoir auprès d'eux, dans un quartier où la densité de population est quand même bien moindre qu'à Barbès, où je vis actuellement – ça vaut d'ailleurs pour tout Paris. Par ailleurs, je revenais tout juste d'un petit roadtrip de 4 mois, j'avais à peine eu le temps de me poser pour profiter un peu de ma famille. ». Pierre, en confinement dans sa résidence secondaire en Normandie, n’a rencontré « aucun avis négatif, mis à part une hostilité légère locale du "ah ces Parisiens qui débarquent, ils vont nous infecter ».


Un mode de vie plus lent, plus manuel

Certains y voient, en plus des bienfaits de la campagne, une occasion de prendre le temps de faire ce qui est habituellement happé par le mode de vie frénétique de la capitale. Comme Marion, en télétravail la moitié de la semaine : « J’étais en activité partielle 3 jours par semaine, le reste du temps : piano, footings, yoga, promenades, philo, peinture, lecture et surtout temps en famille (longs repas, jeux de société !). J’aurais globalement pu faire les "activités d’intérieur" à Paris, mais pas les activités de plein air et ça m’aurait vraiment manqué ! Et surtout : c’est quand même sympa d’être à 6. » Même constat chez Pierre : « j’ai abattu les arbres morts, rangé la cabane à outils, le débarras, nettoyé ma sellerie, j’ai fait du défrichage dans mes bois, je me suis occupé de débroussailler, j’ai fait toute la préparation du printemps et de l’été. À Paris je me serais plus tourné les pouces. »

Cassandre, restée à Angers, a appris la menuiserie aux côtés de son copain : « j’ai fait une table basse et une boîte, j’avais aussi encore des cours à distance, j’ai eu des révisions et des partiels aussi qui mon bien occupée ! Et bien sûr j’ai cuisiné, bouquiné, fait des jeux et pris des apéros. » Florie, au chômage, rythme ses journées autrement qu’à Paris : « lecture, cours à distance à ma nièce, sport, cours en ligne, piano, couture ! Oui à Paris cela aurait plus ressemblé à des films, séries et beaucoup moins de choses manuelles que j’ai pu faire en campagne (piano, couture, cuisine) ».

Pour beaucoup, le temps s’étire et à l’approche du déconfinement, les envies de changement se multiplient : pour Pierre, c’est le souhait de se connecter davantage à la nature. Pour Ana, partie se confiner dans la maison familiale, c’est l’envie de consommer différemment : « Avec le temps qu’on a j’ai appris à consommer différemment, plus local, de saison, etc… À plus cuisiner aussi. J’ai envie de garder ça. Par ailleurs, avec le confinement, je n’ai jamais autant pris de nouvelles de mes proches et je me rends compte de l’importance que ça a, à quel point ça leur fait plaisir et que ce n’est pas compliqué. Je vais essayer d’en prendre plus régulièrement. ».

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Elle confie qu’à plus long terme, ce confinement lui « donne envie de quitter Paris et d'avoir une meilleure qualité de vie, un endroit avec de l'espace et un extérieur », tout comme Cassandre. D’autres comme Marion sont plus pragmatiques sur la question : « Ça m’a clairement donné des envie de changements ! Je rêve d’être prof de yoga, prof de philo, d’élever des chèvres (elle se marre, ndlr), mais je pense qu’au fond je vais très vite me réhabituer à la vie citadine et que ces quelques mois ne seront plus qu’un joli souvenir, une "pause" bien agréable. ».

Si cet exode fut doux pour ces Parisien.ne.s parti.e.s se confiner à la campagne, n’en oublions pas pour autant les quotidiens des personnels en première ligne : les soignant.e.s, les caissier.e.s, les vigiles de supermarché… qui eux, n’ont pas chômé une seule seconde pour une rémunération souvent inférieure à la moyenne nationale. L’occasion, pour l’État, de se remettre en question et de revaloriser leurs salaires ?


*les prénoms ont été modifiés

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par Auriane Camus

À seulement une heure de Paris, Orléans est une ville surprenante qui séduit par ses ruelles pavées chargées d’histoire et son cadre de vie agréable entre ville et nature. Capitale emblématique du Val de Loire, elle a su se réinventer tout en mettant en valeur son riche patrimoine, attirant à la fois les amateurs de culture, de gastronomie et de nature. Entre balades au fil du fleuve, découvertes culturelles et pauses gourmandes, la cité johannique regorge de trésors à explorer. Voici une sélection incontournable pour profiter pleinement de votre passage !


1. La nature au cœur de la ville

Avec le retour des beaux jours, Orléans et sa région se transforment en véritable éden vert ! C'est bien simple, c'est LA ville nature à ne pas manquer. Et la bonne nouvelle c’est que vous n’aurez pas besoin d’aller bien loin pour profiter de la nature luxuriante. Pour une excursion bucolique, rendez-vous sur la Promenade des moulins d’Olivet, où vous ferez la rencontre d’une multitude d'anciens moulins, de propriétés bourgeoises avec leurs gares à bateaux typiques, sans oublier la faune environnante ! Cap également sur le village de Combleux, charmant petit coin de paradis entre canal et bords de Loire. Enfin, le Parc Floral de la Source, véritable havre de biodiversité, vaut également le détour avec ses serres exotiques (dont une serre aux papillons), son jardin d’iris et ses flamants roses.


Promenade des Moulins à Olivet © Ludovic Letot

À une demi-heure en voiture d’Orléans, les amoureux de botanique pourront également explorer les jardins de Roquelin, célèbres pour leurs centaines de variétés de roses anciennes, ou encore l’arboretum des Grandes Bruyères, situé au cœur de la Forêt d'Orléans. Et pour une expérience hors du commun, pourquoi ne pas prendre de la hauteur avec un vol en montgolfière ? Les Ballons de Loire vous embarquent pour un vol au-dessus de ce fleuve sauvage qui coule au milieu de la ville. Un voyage à couper le souffle !  


2. Une gastronomie locale savoureuse

Orléans est un repère de choix pour les gourmands. Les amateurs de douceurs peuvent pousser la porte des chocolateries locales, comme Sébastien Papion (et sa fameuse Papionella® enviée par tous ceux qui ont eu l’occasion de la goûter) ou encore la Chocolaterie Royale qui occupe les arcades de la rue Royale depuis 1760. Vous pourrez également découvrir le fameux Cotignac, une confiserie à base de gelée de coings confectionnée depuis des siècles à Orléans, à la boutique de l'Office de Tourisme.


Chocolaterie Royale à Orléans © Ludovic Letot

Côté restaurant, vous aurez de quoi vous régaler : on pense par exemple à des tables raffinées comme le Lift, un restaurant située sur les hauteurs du jardin de la Charpenterie avec une panoramique sur la Loire, ou encore le Pavillon Bleu à Olivet ; mais aussi à des adresses plus accessibles comme Gioia ou Gric, vainqueur au championnats du monde de l'oeuf mayo en 2024. Pour ceux qui sont prêts à s’aventurer un peu plus loin, La Table d'à Côté à Ardon (1 étoile Michelin) vaut le détour. Au programme : une cuisine raffinée et de saison qui met à l’honneur les produits locaux comme le gibier de Sologne ou les poissons de Loire ainsi que ses propres légumes issus de son potager.


Boutique de l'usine Martin Pouret à Boigny-sur-Bionne © Ludovic Letot

Et si Orléans n'a pas son propre plat typique comme Marseille a sa bouillabaisse, elle a tout de même une spécialité qui fait sa renommée : le vinaigre d'Orléans. On peut d'ailleurs visiter la maison Martin Pouret, véritable institution qui perpétue un savoir-faire unique, grâce à des visites organisées par l’Office de tourisme chaque mois. Après avoir découvert toute l'histoire et les secrets de la production de ce nectar savoureux, vous pourrez profiter d’une dégustation des produits emblématiques de Martin Pouret et même repartir avec quelques souvenirs à ramener chez vous en passant par la boutique !


3. Un patrimoine riche et fascinant

Orléans est une ville d’art et d’histoire où chaque rue révèle un pan du passé. Les maisons à pans de bois du centre historique, notamment autour de la Place du Châtelet, offrent un voyage dans le temps saisissant. Si vous voulez en apprendre plus sur toute l’histoire patrimoniale d’Orléans, l’Office du Tourisme propose également des visites guidées incontournables comme « Orléans de Haut en Bas », qui vous permettra d’explorer la ville sous toutes ses coutures. Après avoir emprunté les escaliers secrets de la Cathédrale Sainte-Croix, éclairés par le savoir d’un guide-conférencier infaillible sur l’histoire de la cité johannique, vous pourrez admirer la ville et sa région à plus de 80 km à la ronde avant de descendre dans les sous-sols d’Orléans avec la visite d’une crypte vieille de plus de 1000 ans.


Visite du toit de la Cathédrale Saint-Croix à Orléans © Ludovic Letot

Mais ce n’est pas tout ! Si l’art urbain vous intéresse, vous pouvez aussi déambuler dans les rues de la ville à la découverte du street-art orléanais avec la visite guidée « La street art à Orléans », ou encore vous offrir une véritable immersion artistique au >Musée des Beaux-Arts, qui expose une collection impressionnante de plus de 2000 peintures et 700 sculptures, du XVe au XXe siècle.


4. Explorer la Loire autrement

La Loire, majestueuse et sauvage, se prête à de nombreuses activités aussi bien fluviales que terrestres ! Bien évidemment, une multitude de balades en bateau traditionnel, les toues, s’offrent aux amateurs de navigation. Vous pouvez par exemple profiter d’une promenade gourmande avec brunch sur le CabochéR ou encore d’un apéritif au coucher de soleil avec Escapades Ligériennes. Pour une expérience plus immersive, on mise sur un canoë-bivouac avec Aventure Outdoor, histoire de passer une nuit sous les étoiles au fil de l'eau.


Balade en bateau avec Escapades Ligériennes à Combleux © Ludovic Letot

Les passionnés de cyclisme pourront parcourir La Loire à Vélo, qui célèbre cette année ses 20 ans. Au programme : plus de 900 km de voies cyclables pour longer la Loire, avec une sélection d’activités et d’adresses où faire un stop pour se restauraurer et profiter. Et enfin, pour une ambiance plus festive, les guinguettes de la métropole comme Le Ponton à Orléans ou La Bamboche à Olivet, sans oublier l'Inexplosible, bar flottant sur la Loire, promettent de belles soirées au bord de l’eau.


5. Orléans, porte d'entrée des châteaux de la Loire

Saviez-vous que c’est aux portes d’Orléans que s’étendent les premiers châteaux de la Loire ? Pour une excursion à moins de 30 minutes de la métropole, le Château de la Ferté Saint-Aubin régale petits et grands avec ses escape games et ses animations aussi gourmandes que féeriques. Non loin de là, le Château de Meung-sur-Loire vous invite à explorer ses sous-sols à la rencontre du Dragon de St Liphard, tandis que celui de Chamerolles vous plonge dans l’histoire du parfum avec une promenade olfactive unique.


Château de La Ferté Saint-Aubin vu du ciel © Lezbroz

Pour une expérience immersive, le château de Beaugency accueille depuis 2021 un centre d’art numérique, et propose ainsi un parcours d'œuvres à la fois digitales et physiques, mettant en valeur l’architecture médiévale et Renaissance du château. Enfin, pour en apprendre plus sur l’histoire résistante de la région, rendez-vous à Cléry-Saint-André pour un spectacle son et lumière épatant de 2h sur les combattants de l’ombre qui ont permis la libération de la France. 


Infos pratiques

Où loger ?

Pour un séjour tout confort, direction la Villa Dunois, chambre et table d’hôte de charme en plein cœur d’Orléans, ou le Château du Rondon à Olivet, avec son architecture d’époque et sa vue directe sur les bords du Loiret. Envie d’une expérience plus insolite ? Les Tiny House Parenthèse situées en plein cœur de la forêt d'Orléans offrent une immersion en pleine nature, et même un spa privatif pour se relaxer à la belle étoile.


Tiny house Parenthèse © Bestjobers


Où réserver vos activités ?

Une question ? Une visite guidée ? Un souvenir à acheter ? Direction les locaux de l’Office de Tourisme d’Orléans, situé sur la célèbre place du Martroi (où trône la statue de Jeanne d’Arc), ou bien sur leur site internet. Ici, vous pourrez réserver une visite guidée, louer un vélo, obtenir des informations sur les différents lieux à visiter ou encore faire un tour dans la boutique de l’Office qui regorge de trésors locaux.


Office de tourisme Orléans Val de Loire Tourisme © Ludovic Letot

L’Office de Tourisme propose également un Citypass accessible à partir de 24€ pour 24h à 72h, et qui vous permettra de découvrir tous les incontournables de la métropole facilement. Musées, visites guidées, accès au parc floral, balade sur la Loire… Tout est inclus ! Et pour une immersion totale dans l’univers des châteaux du Val de Loire, optez pour le pass Châteaux qui vous donne accès à différents monuments comme le domaine de Chambord, le château de Cheverny ou encore le château royal de Blois à partir de 28,50€ par personne.


Comment y aller ?

Orléans est facilement accessible en train depuis Paris en 1h, à raison d’une vingtaine de trains par jour. Si vous prévoyez de visiter les châteaux alentours, la voiture reste néanmoins la meilleure option pour plus de flexibilité. Comptez 1h30 à 2h depuis Paris via l’autoroute A10.

Plus d'infos sur le site d'Orléans Val de Loire Tourisme - Office de Tourisme d'Orléans Métropole


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