Derrière ses terrasses animées et ses soirées étudiantes se cache une histoire beaucoup plus surprenante, entre exécutions publiques, anciennes auberges et maisons médiévales.
Un bar tous les 7 mètres : le record de France !
C'est probablement l'une des rues les plus connues de Rennes, et pour cause ! Située en plein cœur du centre historique, à deux pas de la place Sainte-Anne, la rue Saint-Michel est devenue au fil des décennies un véritable symbole de la vie nocturne rennaise. Sa particularité ? Sur seulement 87 mètres, les bars se succèdent à une vitesse impressionnante (13 au total). On évoque même une moyenne d'un établissement tous les sept mètres, ce qui lui vaut sa réputation de rue possédant la plus forte concentration de bars de France. Un record souvent cité, même s'il ne repose pas sur un classement officiel régulièrement actualisé. Aujourd'hui, la rue attire aussi bien les étudiants que les Rennais et les visiteurs venus découvrir l'ambiance festive de la capitale bretonne. Mais avant de devenir le royaume des pintes et des soirées entre amis, l'endroit avait une tout autre fonction.
@Destination Rennes – Franck Hamon
Avant les bars, un lieu d'exécutions publiques
Difficile à imaginer lorsque l'on traverse la rue Saint-Michel un jeudi soir, mais ce secteur du vieux Rennes possède un passé bien moins festif. À proximité se trouvait autrefois un espace surnommé le « Bout du Monde », associé dans les récits historiques locaux aux exécutions publiques. Un contraste assez saisissant avec l'ambiance actuelle du quartier ! Et détail insolite : une horloge située dans le secteur intrigue également certains passants, notamment parce qu'elle est réputée ne pas toujours indiquer l'heure correctement. De quoi alimenter quelques anecdotes autour de cette rue déjà riche en histoires.
Des auberges aux bars étudiants
Au fil des siècles, le quartier change progressivement de visage. Située dans un secteur historique de passage, la rue accueillait autrefois des auberges destinées aux voyageurs qui arrivaient à Rennes. Les maisons à pans de bois qui bordent encore aujourd'hui la rue témoignent de cette époque. Certaines ont notamment échappé au gigantesque incendie de 1720, qui a ravagé une importante partie du centre-ville rennais. Ces bâtiments anciens font aujourd'hui partie du charme de la rue Saint-Michel, avec leurs façades colorées et leur architecture typiquement bretonne. Mais c'est surtout dans la seconde moitié du XXe siècle que la rue commence à prendre l'identité qu'on lui connaît aujourd'hui.
Comment la rue Saint-Michel est devenue la rue de la Soif ?
Dans les années 1960, la loi Malraux encourageait la protection et la restauration des centres historiques. À Rennes, cette politique de préservation contribue à sauvegarder de nombreux bâtiments anciens. Parallèlement, la ville connaît un développement important de sa population étudiante. À partir des années 1980, les bars prennent progressivement une place centrale dans la rue Saint-Michel, attirant une clientèle jeune et festive. La rue devient alors un rendez-vous incontournable des soirées rennaises, jusqu'à gagner son célèbre surnom de « rue de la Soif ».
87 mètres et plusieurs siècles d'histoire
Aujourd'hui encore, la rue Saint-Michel reste l'un des symboles les plus emblématiques de Rennes. Ce qui la rend aussi particulière, c'est finalement ce mélange entre patrimoine médiéval et vie nocturne. En quelques dizaines de mètres, on traverse plusieurs siècles d'histoire : des anciennes auberges aux maisons à pans de bois, jusqu'aux bars qui font désormais sa réputation.
