Même quand le thermomètre flirte avec le zéro et que la nature fait la sieste, le petit jardin de la rue de la Râpe continue de rayonner avec sa terrasse, son jardin, pas comme les autres. On y retrouve une quarantaine de plantes soigneusement entretenues, une vigne vierge qui change de robe à chaque saison, des nichoirs où les oiseaux ont pris leurs quartiers, et du mobilier en fer forgé blanc disposé avec un goût qui rappelle les jardins anglais. "Au Fond du jardin", c'est l'antichambre parfaite pour ce qui attend les visiteurs à l'intérieur : un salon de thé à l'ambiance victorienne où l'on déguste des madeleines de voyage et où le tea time britannique prend tout son sens.
Quand la déminéralisation vire au cauchemar vert
Sur le papier, tout le monde est d'accord. La Ville de Strasbourg veut déminéraliser l'espace devant trois commerces du secteur : "Au Fond du jardin", l'Hôtel Suisse et Bistrot & Chocolat, et également installer un nouveau dallage avec évacuation d'eau. Génial non ? Sauf que le projet cache un détail qui rend Fred malade : impossible de garder sa personnalisation végétale nous explique nos confrères des DNA.
Exit les plantes en pots, exit le jardin d'hiver, exit les 25 ans de patience et de taille minutieuse. Lui qui propose de replanter ses végétaux en pleine terre se heurte à un refus net... La Ville lui a expliqué qu'il était hors de question d'avoir une "personnalisation" devant sa boutique. Le maître-mot ? Uniformisation. Le style ? Minimaliste à l'extrême. C'est le monde à l'envers pour ce gérant qui voit défiler chaque jour plus de 200 personnes devant sa boutique, appareil photo à la main. Qu'adviendra-t-il de ses lauriers roses, de ses roses anglaises, de ses buis et de cette fameuse vigne vierge qui habille la façade ?
Mobilisation générale sur les réseaux sociaux
Face à cette menace, Fred n'est pas resté les bras croisés. Le 7 février dernier, il a posté une vidéo alarmiste sur Instagram et Facebook pour rallier ses troupes. Et ça marche : les messages de soutien affluent du monde entier. Le commerçant a même interpellé les candidats aux municipales pour qu'ils se positionnent sur le dossier. Bonne nouvelle tout de même : la municipalité lui a rendu visite dans son magasin suite à la publication de l'article initial et a réagi officiellement en précisant que "rien ne se fera sans" le patron. Affaire à suivre.
Source : DNA
